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Le christianisme
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20 avril 2007
par
Jean-Claude St-Louis
Le christianisme est une philosophie orientale qui a ses racines dans le judaïsme. C’est la seule philosophie orientale qui a réussi à s’implanter en Occident et à s’y répandre. Le christianisme a pris naissance en Palestine, à l’intérieur de la communauté juive de cette époque. Jésus de Nazareth (le Christ, le Messie, le Sauveur) s’est présenté comme le Fils de Dieu, ayant pris corps dans le sein d’une vierge. Il naquit à l’époque où l’Empire romain dominait le monde et l’année de sa naissance marque le début de l’ère chrétienne. La personne et l’enseignement de Jésus furent à la base de la religion chrétienne. Au début, certains ont cru que Jésus était le Messie tant attendu des Juifs pour les libérer de l’emprise de Rome, mais ces derniers ne l’ont pas reconnu comme tel. À l’instigation des autorités religieuses juives, Jésus fut condamné par l’autorité politique romaine à mourir sur la croix. Le message de Jésus est limpide et très simple. C’est un message d’amour de Dieu et d’amour du prochain. Il est contenu dans un texte d’une quarantaine de pages, appelé « Évangile » (tiré du grec, signifiant « bonne nouvelle ») et présenté en quatre versions semblables, à partir du témoignage de quatre disciples de Jésus : Marc, Mathieu, Luc et Jean. Beaucoup de choses ont été écrites à partir de ce court message. L’Église catholique romaine, qui s’est chargée d’apporter au monde le message de Jésus, y a ajouté son propre enseignement, ses directives et ses commandements. Elle a considérablement compliqué le message de Jésus et il lui a fallu accomplir de véritables tours de force pour relier à l’Évangile, tout ce qu’elle enseignait. D’une philosophie très simple et conçue pour être vécu, l’Église a fait du message de Jésus, une religion qu’elle a souvent imposée par la force. À la fraîcheur limpide du message de Jésus, l’Église a ajouté un légalisme conçu pour maintenir les gens dans la peur (peur de l’excommunication, peur du purgatoire, peur de l’enfer). L’Église a laissé très peu de place à l’autonomie, la liberté et la responsabilité personnelle. C’est elle qui devait dicter ce qui était bon et ce qui était mauvais. « Hors de l’Église, point de salut », disait-elle ! La philosophie, la théologie et l’institution religieuse chrétienne sont fondées sur la croyance en Jésus en tant que Fils de Dieu, beaucoup plus que sur son message. Le savoir chrétien, tel que contenu et exposé dans le Nouveau Testament, est une continuation du savoir judaïque contenu dans l’Ancien testament. Ce dernier décrit le commencement du monde et la façon dont les descendants d’Abraham ont vécu jusqu’à l’avènement de Jésus, Juif lui aussi, et donc descendant d’Abraham. Les Juifs n’ont gardé que l’Ancien Testament, tandis que les chrétiens ont gardé les deux, l’Ancien et le Nouveau. Le christianisme est un judaïsme libéré de certaines pratiques. Il priorise l’amour tandis que le judaïsme priorise la loi. Il met l’amour au-dessus de la loi ; il donne à l’amour du prochain la même valeur que l’amour de soi ; il met les valeurs de l’esprit au-dessus des richesses matérielles ; la réussite de la vie éternelle au-dessus des réussites temporelles ; le pouvoir de Dieu au-dessus du pouvoir des hommes. Cette hiérarchie de valeurs a été véhiculée par l’Église catholique romaine. Trop souvent, hélas, ces valeurs ont été oubliées pour aboutir à un certain refus du monde. Comme dans l’hindouisme, il fallait, selon l’Église, renoncer au monde pour être sauvé. Ceux qui s’enfermaient dans les monastères accomplissaient plus pour l’humanité que ceux qui travaillaient dans le monde pour le rendre meilleur. Les premiers chrétiens vivaient comme une famille et tous leurs biens étaient mis en commun. Bien avant le communisme, ils ont vécu un début de socialisme. En grandissant en nombre, ils se sont toutefois noyés dans un environnement qui favorisait la propriété privée. Après la résurrection de Jésus, les apôtres ont fondé des églises en Asie. Mais de persécution en persécution, certains sont revenus à Rome afin d’y concentrer leurs efforts. C’est là que s’est installé Pierre, premier successeur de Jésus. D’orientale qu’elle était, et malgré la réticence de Pierre à recevoir, dans la nouvelle Église, ceux qui n’étaient pas Juifs, la religion chrétienne s’est lentement occidentalisée. Son alliance avec l’Empire romain et la concentration de son pouvoir spirituel à Rome, capitale de l’empire, ont créé l’Église catholique romaine. Cette alliance avec Rome fut si forte, que l’Église a adopté la langue latine, celle des Romains, comme langue officielle et liturgique. Elle l’a conservée jusqu’au vingtième siècle, alors qu’elle était devenue une langue morte depuis fort longtemps. Ce ne fut pas chose facile que de vendre le christianisme aux Romains, eux qui avaient leurs propres philosophes et leurs propres dieux. L’empereur de Rome lui-même était vénéré comme un dieu. De plus, les Romains possédaient une foule d’esclaves et, à l’instar des Grecs, tout ce qui n’était pas romain était barbare. La philosophie chrétienne s’opposait aux convictions les plus chères des Romains. Elle reconnaissait l’égalité de tous les êtres humains, l’existence d’un Dieu unique et d’une seule philosophie. C’est pour ces raisons que la plupart des premiers chrétiens furent persécutés, martyrisés et mis à mort. Ce furent les esclaves de Rome qui formèrent le premier noyau de la nouvelle religion. Peu à peu, sous l’influence de Paul, qui était citoyen romain, des nobles finirent par joindre les rangs. Les chrétiens furent quand même victimes de persécution jusqu’à l’avènement de l’empereur Constantin (306-337) qui reconnut légalement le christianisme et lui permit de se répandre. En échange, l’empereur devenait empereur de droit divin, selon le Dieu des chrétiens. Jusqu’au XVIIIe siècle, les monarques d’Europe recevront leur couronne des mains du Pape et seront investis d’une autorité de droit divin. Le savoir chrétien est un savoir humain et philosophique, sauf en ce qui concerne les concepts de vie éternelle et celui de Jésus, messie, homme et Dieu, deuxième personne de la Trinité divine, né de façon miraculeuse d’une vierge et ressuscité des morts. L’intelligence humaine et la logique sont impuissantes à concevoir des phénomènes de cette envergure. C’est pourquoi ils ne peuvent être qu’objets de foi. Si on les accepte comme vrai, c’est qu’on y croit, car on ne peut les expliquer. Dans le christianisme, l’être humain a été conçu libre et responsable, esprit et corps, tout en ayant besoin des autres et en leur étant relié par l’amour. C’est par l’amour que chacun éprouve vis-à-vis les autres que l’on reconnaît les vrais chrétiens, car Dieu est amour. Les théologiens et l’Église institutionnalisée de Rome ont toutefois considérablement réduit le rôle de l’amour, ainsi que celui de la liberté et de la conscience personnelle dans la conduite morale de la vie. Tout en reconnaissant la présence de Dieu dans l’humain, ils n’ont pas reconnu à la conscience personnelle de chaque individu, la capacité de découvrir ce Dieu et de pouvoir juger par elle-même du bien et du mal. Pourtant, selon l’enseignement de Jésus, le bien et la mal sont dans l’agir humain. Celui-ci est guidé par l’Évangile et par la volonté de Dieu, telle qu’exprimée dans les dix commandements, auxquels Jésus a ajouté celui de l’amour de Dieu et du prochain. L’Église catholique romaine s’est désignée comme étant la seule interprète du message de Jésus. Durant vingt siècles, elle a enseigné qu’en dehors d’elle, il n’y avait ni salut, ni vérité. Elle a toujours prétendu être la seule à posséder la Vérité dans toute sa splendeur et qu’elle avait, seule, la mission de la faire valoir. Fidèle à la philosophie grecque, l’Église catholique romaine, la seule interprète de droit divin de la Bible, soutient que l’âme humaine est immortelle et qu’à la mort du corps, elle va au ciel ou en enfer. Seul le corps est vulnérable à la mort, par suite du péché originel d’Adam et Ève, mais le corps est censé ressusciter au jugement dernier, à cause de la résurrection du Christ. Les diverses interprétations du péché originel sont basées sur le récit du commencement du monde, que l’on retrouve dans la première partie de la Bible, la Genèse. Source : Diverses lectures sur les religions Livres suggérés : Erasme, Didier. Philosophie chrétienne. Paris : Librairie philosophi, 1970, 399 p. (cote Dewey : 199.492 E65P) Hegel, Georg Wilhelm Friedrich. La positivité de la religion chrétienne. Paris : PUF, 1983, 138 p. (cote Dewey : 201 H462p) Labarrière, Pierre-Jean. Croire et comprendre : approche philosophique de l’expérience chrétienne. Paris : Éditions du Cerf, 1999, 195 p. (cote Dewey : 230.01 L113c) Sachot, Maurice. Christianisme et philosophie : la subversion fondatrice originaire. Nantes : Pleins feux, 1999, 55 p. (cote Dewey : 270.1 S121c) Tresmontant, Claude. Quel avenir pour le christianisme ? « Tâches de la pensée chrétienne aujourd’hui » et autres textes sur la problématique générale du christianisme. Paris : F.-X. De Guibert, 2001, 115 p. (cote Dewey : 230 T798q)
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