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La conférence de Copenhague sur le climat
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28 janvier 2010
par
Jean-Claude St-Louis
La conférence de Copenhague sur le climat aura ouvert les yeux de bien des gens. Malgré le fait que l’humanité se dirige tout droit vers une catastrophe écologique sans précédent et malgré l’urgence de la situation, les participants à ce sommet auront préféré sauver l’économie plutôt que de sauver l’humanité. L’accord qui a résulté de ce sommet est tellement insignifiant et non contraignant, que c’est comme si tous les participants s’étaient mis d’accord pour ne rien décider. La main invisible du marché était tellement présente à ce sommet que c’était pathétique de voir à quel point les hommes politiques n’ont pas de réels pouvoirs et à quel point ils sont les serviteurs dociles des multinationales et de l’économie mondiale. Une menace pour l’humanité Sous l’impact de la technologie moderne et sous le contrôle des géants qui dominent le monde, la concurrence économique est devenue une menace pour l’humanité. Dans un monde écrasé sous le poids des richesses créées par la technologie moderne, la concurrence, telle que pratiquée actuellement, ne sert pas les populations ; elle ne sert qu’à enrichir davantage les géants. La guerre économique qui, autrefois, servait d’outil au développement technologique, a perdu sa raison d’être. Il faudrait être naïf pour croire que le développement économique sert au mieux-être des populations. À travers le monde, les multinationales et leurs valets, les chefs d’État, se lancent à l’assaut du marché mondial. Ils dépensent des milliards pour subventionner l’exportation des produits de consommation. Les buts de cette guerre économique sont d’arracher des acheteurs aux compétiteurs et de déstabiliser l’économie des pays concurrents. Mais la plus grande menace concerne le réchauffement qui bouleverse le climat sur toute la terre. Certains croient à un refroidissement. Ils oublient de regarder du côté des pôles où se situe le vrai problème, responsable de tous les bouleversements climatiques que nous connaissons. La pollution atmosphérique a créé des trous dans la couche d’ozone au-dessus des pôles, ce qui a entraîné la fonte des glaciers. En fondant, les glaciers ont libéré des quantités astronomiques de méthane, un gaz inodore emprisonné sous les glaces depuis des millénaires. Le méthane a accentué la dégradation de la couche d’ozone ainsi que la fonte des glaciers. Considérant le fait que les glaces ne sont plus là pour refléter les rayons du soleil, l’eau les absorbe et se réchauffe, ce qui accentue davantage la fonte des glaces. Cette fonte fait monter l’eau des mers et des îles disparaissent, tandis que les continents reculent. Comme il y a davantage d’eau, il y a davantage d’humidité dans les zones tempérées, ce qui cause les bouleversements climatiques que nous connaissons : plus de neige, de froid, durant les saisons froides et plus d’ouragans, de tornades etc., durant les saisons chaudes. Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour s’apercevoir qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Les températures sont de plus en plus clémentes dans le Grand Nord, tandis qu’elles se refroidissent dans les zones tempérées. J’habite les Basses Laurentides, au Québec, et je constate que depuis quelques années, les températures sont beaucoup plus clémentes dans le Grand Nord. Le monde des multinationales Le monde des multinationales est incapable de penser en termes de nouveaux projets de société. Ses seuls buts sont le profit et le maintien des structures sociales qui le favorisent. Les multinationales qui dominent le monde sont impuissantes à agir lorsqu’il est question de préparer l’avenir de l’humanité. Comme des dinosaures, les multinationales ne correspondent pas aux nouvelles réalités. Ces géants sont incapables de gérer les immenses richesses que leur procure la technologie moderne. Pour ces géants, aux pieds d’argile, le temps des catastrophes est arrivé. Plus le temps passe, plus les multinationales se comportent comme des requins dans un aquarium devenu trop étroit. Les dirigeants de cette riche minorité sont impuissants devant les problèmes de l’heure. Ils n’ont aucune solution pour une meilleure répartition de la richesse, puisqu’ils ne cherchent qu’à l’accaparer. Ils n’ont pas de solution pour mettre fin à la paralysie sociale qui condamne une partie grandissante de la population à vivre de l’assistance publique. Ils sont incapables de s’attaquer aux problèmes de la pollution au niveau de la planète. Au contraire, ils font tout pour combattre les mesures préventives qui risqueraient de restreindre leurs profits. Depuis des années, les écologistes du monde entier pressent les gouvernements d’agir devant les dangers qui menacent l’humanité. Ils démontrent, preuves à l’appui, les dommages causés à la couche d’ozone, cette défense naturelle de la planète. Malgré leur importance, les problèmes écologiques ne rentrent pas dans les préoccupations des multinationales et des hommes politiques. Ces derniers n’ont qu’une vision à court terme. Il est aberrant de voir les gouvernements faire si peu pour l’écologie et consacrer des centaines de milliards en dépenses militaires. Le gouvernement canadien adopte les mêmes positions que son voisin américain. Chose certaine, ce n’est pas avec des frégates et des sous-marins que le Canada va mettre fin à l’empoisonnement de son atmosphère créé, en grande partie, par l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. De leur côté, les États-Unis, ne veulent pas entendre parler de protection de l’environnement. À toutes les demandes dans ce sens, ce pays se retranche derrière des "Comités d’étude". Les États-Unis dépensent des centaines de milliards pour l’armement mais coupent dans les dépenses pour défendre la vie. Leur politique est celle du "tout pour l’armement" et rien pour assurer une vie décente à tous les citoyens américains. L’arrivée des ordinateurs et des robots industriels place les nations devant de nouveaux défis. Le problème est de savoir comment utiliser les immenses richesses, fruits de la technologie. Comment utiliser également le trésor public, ce formidable outil ? Le trésor public doit-il être mis au service des multinationales et des banques ? Ces questions se posent au moment où de plus en plus de citoyens sont rejetés de la production ; au moment où les pertes d’emploi sont devenues le problème majeur des pays industrialisés. Conclusion La nature ne pose jamais de problèmes, sans que les solutions ne se pointent à l’horizon. Il en est de même pour la société. Il n’y a pas de problèmes insolubles ; il n’y a que des solutions à découvrir. Ces dernières accompagnent les problèmes et s’imposent comme une nécessité dans une société en perpétuelle transformation. Le développement de la technologie entraîne des pertes d’emploi et souvent, la dégradation de l’environnement. Mais il apporte avec lui, les moyens de résoudre les problèmes. Si d’un côté, il y a d’énormes difficultés, il existe des moyens pour les vaincre : il faut placer les revendications sociales en termes de nouveaux projets et jeter les fondements d’une nouvelle civilisation où la technologie serait au service de la collectivité. Il serait suicidaire de penser uniquement à l’accroissement de la production sans penser, en même temps, à la protection de l’environnement. Il serait complètement idiot de prétendre, au nom d’une saine gestion, accroître la production d’un côté et de l’autre, menacer la survie de l’humanité. C’est pourtant l’image que nous a donnée la Conférence de Copenhague sur le climat, qui ne passera certainement pas à l’Histoire comme un modèle de clairvoyance et de sagesse. ***À lire : Gagnon, Henri. Libre-échange : Les multinationales contre le peuple. Saint-Lambert : Distribution Héritage, 1988, 158 p. (ISBN 2920-799-00-4) St-Louis, Jean-Claude. La fonte des glaciers et ses conséquences. Liste des articles de Louis-Gilles Francoeur liés à « Cophenhague » sur le site du journal Le Devoir .
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