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Insomnie

samedi 16 avril 2011, par Jean-Louis Millet


Avant de plonger
dans les corridors étroits de l’avenir
la chambre se tait.
Dehors
l’éclat moisi d’un réverbère enlace la nuit
dans l’indifférence sceptique des murs.
De longues ombres à l’odeur violette
traînent sur le trottoir
suivant la pluie,
interminablement,
sans raison apparente pour personne
D’ailleurs, personne n’est plus là pour personne
La vie est le tombeau du rêve.
Cauchemar de détails dans le cauchemar plus vaste
de ce quotidien où plus rien ne fait sens
hors les formules complaisantes, minables, pitoyables
qui se métastasent à grande vitesse
dans les viscères chatoyants des horloges
Et toi qui te crois bien à l’abri derrière ton cœur insoumis
tu colles les morceaux, c’est tout
rien que ce que l’émotion vole à la mémoire

Une fois encore au bord du matin
la nuit au sourire corrodé s’est fatiguée la première

Sous les arbres, la statue de marbre te sourit
"avant que la mort te mortaise à la terre"

Une idée affreuse, hein ?
En général, ce sont les meilleurs

***

Poème extrait de : "Les chaises dorment debout"