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Feu(e) la paix

lundi 9 mai 2011, par Michaël Adam

Violente est l’atmosphère et guerriers sont les accents
De part et d’autre, les villes sont mises à feu et à sang
Comme toujours, les extrémistes de tous poils attisent la haine
La tuerie prolifère et prospère entre Mohamed et Cohen
La paix, un jour apparue, a pris la mauvaise route
Un couloir étroit nous mène à la misère et à la déroute
Le chemin du feu et du sang est une voie sans escale
La modération a cédé la place à la ferveur radicale
Des enfants meurent à Tel-Aviv, à Gaza et à Bagdad
Dans les villages en feu partout on voit la débandade
Des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux sans âge
Ont depuis longtemps oublié le temps du badinage
Ici et là, dans les champs bombardés, plus de coquelicots à tresser
Mais des êtres apeurés, effrayés, angoissés et stressés
Leur regard en feu est fixé sur un étrange kaléidoscope
Aux reflets noirs et sombres comme un triste horoscope
Dans lequel ils voudraient voir, là-bas, outre-ciel
Une lueur d’espoir, non un goût de feu mais celui du miel
Apercevoir non plus un saule en feu mais un flamboyant
Pour ne plus voir un Eden dévasté mais un jardin verdoyant
Pour qu’enfin la pondération domine sous le casque
Et que les hommes changent finalement de masque
Puisse la paix entre Israël et Ismaël devenir l’hôte
Et que chacun puisse enfin marcher la tête haute
Moi qui de bonheur, d’amour et de paix ai tellement soif
Puis-je espérer que bientôt cet avènement me décoiffe ?