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Diaporama ou autre…

mercredi 4 janvier 2012, par Jean-Louis Millet


(Composition photographique : Jean-Louis Millet)

L’eau dans ma tête semblable à un sahara de dunes
L’empreinte rouge d’une main d’enfant sur la honte d’un mur-frontière
Le ballon de baudruche jaune face à la poire d’angoisse de l’inquisiteur
L’homme de nulle part nommé par tous Mr Sunshine
La fête itinérante car ce qui est bizarre est agréable : il y aura toujours un printemps
L’empreinte noire d’une main d’homme sur la croupe d’une poney blanc
L’énorme foule impliée dans les romans serrés aux rayons d’une bibliothèque
La larme solitaire lente le long de la joue de l’héroïne
Le rouge du soleil perçu au travers de la paupière close
L’Île aux Poux refuge des immigrés clandestins de l’Oulipo
L’ex-communiste excommuniée par B16 pour immaculée conception
L’inconséquence chimique de celui qui parle fort sans rien dire
Le libre arbitre stochastique d’une rose en papier noir
La farce cosmique des atomes et des jets de lumières, des nébuleuses et des gouttes d’eau
L’empreinte blanche d’une main de femme sur un sari safran
La mort rieuse d’une gravure de José Guadalupe Posada
Le cadavre exquis d’un nu cru d’Egon Schiele dans les escaliers labyrinthes de Giambattista Piranèse
La vision de l’homme étrange sans ses lunettes
La légende du pont d’eau sur la rivière de sable de diatomées
La base continue d’un blues sur une steel guitar Dobro Gibson
L’instant d’éphémère victoire – suicide ? – d’un cancer
Le chant diatonique d’un bushman en jeans et t-shirt à l’effigie du Ché
L’enfant dans une lumière de serre (froide) face aux parois du doute
L’ eau épaissie de froid des pleurs de pierre
La peau fripée d’avoir été trop longtemps mouillée
L’anémie colorée d’une vie dans le miroir de l’incognito
Les mots de l’acier bleu de la plume pourchassés dans un jardin sans souvenir
La naissance des étoiles dans la douleur
Les mauves horizons lointains où penser en bleu-vert le vent vague
Les mots en bouillie sanglotante dans un calme muré de givre
L’arche de buée trouble animée de papillons mordorés
L’ accordeur de silence avec sa carlingue toute froissée
La beauté construite en bleu à l’échafaudage du néant
La vastitude de plaine d’eaux désertes en désert salé
Le pays de pierre et d’eau dans un calme de tuiles mouillées
La peau de la pierre ornée d’un kyste de quartz
La couleur de la couleuvre de basalte au petit matin
Le noir mensonge d’un bleu prophétique en Terre de Feu
L’irisation bleu et or d’une flaque de fuel sur l’asphalte noir d’une place de parking
Les battements de cils d’un papillon de nuit mordoré
Le plongeon du soleil dans une mer de sel
L’otage de ces doigts étrangers sur son corps
Le tremblotement rougeoyant du filament d’une vieille ampoule
L’ivrogne vert mangeur de dattes d’une légende ottomane
Les battements sourds de la substance vivante de la tristesse
L’empreinte d’une ombre sous un soleil sombre
Les soudards goguenards devant les mains tranchées du poète
Les plantes pionnières accrochées dans les fumeroles à flanc de Soufrière

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Ce poème est en ligne sur zen évasion dans le recueil "Les Récits des temps du Rêve".