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L’empathie

dimanche 27 janvier 2013, par Jean-Claude St-Louis

Plusieurs personnes confondent l’empathie avec la sympathie. Pourtant, il y a beaucoup de différence entre les deux. L’empathie signifie ressentir “dans” tandis que la sympathie signifie ressentir “avec”. Dans l’empathie, les personnes impliquées vivent la même expérience, alors que dans la sympathie, les personnes impliquées sont proches, mais chacune vit sa propre expérience. L’empathie est toujours orientée vers l’autre et elle a pour objectif le mieux-être de l’autre.

Par opposition, la sympathie vise à avoir une meilleure compréhension de ce que l’autre ressent. En résumé, la sympathie admet que l’on souffre avec l’autre, mais elle ne nous rapproche jamais véritablement. Avec l’empathie, au contraire, on sait qu’il est impossible de connaître vraiment l’autre sans aller plus loin, sans écouter attentivement, sans comprendre véritablement, sans pénétrer le coeur de l’autre.

La sympathie consiste à partager la peine de l’autre tandis que l’empathie exige une grande attention vis-à-vis des besoins de l’autre. Cette attention permet de comprendre l’autre et fait en sorte que s’établisse un climat de confiance. C’est par une grande écoute que l’on obtient les renseignements permettant de s’ouvrir à l’empathie. Combien de gens recherchent avant tout une oreille attentive ? Le seul fait de parler de leurs problèmes leur procure un sentiment de mieux-être.

L’empathie s’exprime dans l’action. Si on demeure passif, inactif, incapable de se libérer de l’émotion pour passer à l’action, on empêche l’empathie de suivre son cours, car celle-ci est toujours orientée vers l’action. Étant donné que chaque personne, chaque situation sont uniques, l’empathie exige de demeurer alerte et lucide. Si on démontre de la nonchalance, l’empathie ne peut s’exprimer, car une attention soutenue lui est indispensable.

Apprendre à exprimer notre empathie requiert une bonne conscience de soi, un esprit ouvert, du discernement et de la pratique. Pour faciliter cet apprentissage, il est nécessaire de poser les bonnes questions et d’éviter les jugements hâtifs. Les questions pertinentes doivent être empathiques. En posant les bonnes questions, on transmet notre désir d’apprendre de l’autre ainsi que notre intérêt vis-à-vis des besoins. Pour orienter l’échange, il faut laisser de côté notre désir de tout contrôler. On laisse à l’autre le choix de la direction à prendre.

De toutes les qualités qu’exige l’empathie, c’est l’écoute qui demande le plus de concentration, car les distractions sont nombreuses. On n’écoute souvent que d’une oreille en attendant notre tour de parler, quand on ne coupe pas la parole, tout simplement. L’écoute empathique requiert qu’on laisse de côté une vision du monde centrée sur soi-même. L’écoute empathique pénètre le coeur de l’autre et fait émerger ce que la peur, la colère, le désespoir ont enfoui profondément.

L’empathie est agissante. Elle accroît la conscience de soi, consolide nos rapports interpersonnels et nous aide à comprendre des gens qui, au premier abord, pourraient nous sembler étranges ou antipathiques. En élargissant notre perception, l’empathie nous dévoile l’extraordinaire complexité de la vie. Il existe de nombreuses façons d’être qui traduisent l’empathie. Citons l’honnêteté, l’humilité, l’acceptation, la tolérance, la gratitude, l’espoir et le pardon. C’est en faisant l’expérience de ces expressions qu’on prend conscience de notre capacité à forger des liens étroits avec les autres.

L’honnêteté est l’âme de l’empathie, son oxygène, son souffle vital. Sans l’honnêteté, l’empathie perd sa raison d’être. En effet, comment pourrait-on avoir des relations empathiques avec les autres sans être sincère avec eux ? Si on n’est pas sincère, comment exiger que les autres le soient ? L’empathie et le respect sont interdépendants. L’empathie ne peut exister sans le respect de l’autre et le respect ne peut exister sans l’empathie. Grâce à l’empathie, nous ressentons ce que les autres ressentent et cette capacité est la base même de l’empathie.

Le respect et l’empathie exigent de l’honnêteté, un dialogue ouvert, une attention constante, une écoute entière et une sincère volonté d’apporter notre soutien. Lorsque nous comprenons les pensées et les sentiments des autres, le caractère unique de ce qu’ils vivent nous inspire un grand respect. Sans la compréhension et la participation active qu’exige l’empathie, l’amour véritable n’est qu’une construction distraite et vide. L’empathie seule sait lui donner tout son poids. L’empathie est la substance de l’amour ; elle est son coeur qui bat, son âme qui cherche, sa raison d’être.

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Référence :

Ciaramicoli, Arthur P. et Katherine Ketcham, Le pouvoir de l’empathie : un antidote à la solitude, Montréal : Éditions de l’homme, 2000.