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Gourou

lundi 27 juin 2005, par Chartrand Saint-Louis

Tu avais des allures de gourou
Tes femmes
Celles d’adeptes rebelles et soumises
Toutes à la fois

Tu t’es drogué auprès d’elles
Reste à présent le dur labeur
D’enlever tes fringues
De prédicateur

Ton école, c’était la vie
Et ta lucidité perçante
Comme le regard du chacal
T’arrachait des cris, la nuit

Cinq mères t’ont bercé
Et tenu par la main
Tu as compris assez vite
Qu’une femme, seule
N’arriverait pas à t’apaiser
Ni à calmer ta faim

Tu avais le souci de conter ta vie
Tu avais la patience d’entendre leurs romances
Rien au fond ne t’ennuyait tant
Que ce cœur solitaire qui sommeillait en toi

Les convenances étaient ton dernier souci
Tu les balançais aux ordures
Comme d’autres balancent des injures
À la face du monde

Ces conventions faites pour les cons
Tu les recrachais
En maniant le sordide
comme la parfaite ironie

Ton air débraillé plaisait et rebutait
Tout à la fois
Au fond, tu t’en moquais
Comme de la dernière pluie

Tu avais des allures de gourou
Tes femmes
Celles d’adeptes rebelles et soumises
Toutes à la fois

Tu t’es drogué auprès d’elles
Reste à présent le dur labeur
D’enlever tes fringues
De prédicateur