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Hermann Hesse

mercredi 5 avril 2006, par Jean-Claude St-Louis

Hermann Hesse est l’un des auteurs les plus lus dans le monde. Son œuvre est remarquable. Philosophe, autant que poète et romancier, Hermann Hesse a aspiré, toute sa vie, à trouver le difficile équilibre entre le corps et l’esprit, sans lequel l’être humain ne peut atteindre la plénitude.

L’œuvre d’Hermann Hesse est riche en enseignement. L’écriture est raffinée, recherchée et profonde. À travers ses personnages, Hesse se dévoile. Il dévoile ses états d’âme, ses doutes, son questionnement face à la vie. Tout comme Krishnamurti, Hermann Hesse en arrive à la conclusion que la recherche de la Vérité est une voie sans fin ; chacun de nous pouvant y trouver sa propre interprétation.

BIOGRAPHIE

Une enfance malheureuse

Hermann Hesse est né le 2 juillet 1877, à Calw, en Allemagne, dans une famille de missionnaires protestants. Son grand-père, un patriarche, est médecin et également conseiller régional. Son père, Johannes, pasteur, a fait la connaissance de sa mère, Maria, lors d’un voyage en Inde. Élevé dans un cadre religieux étouffant, le jeune Hermann se révolte très tôt contre ses parents. Ces derniers veulent faire de leur fils un théologien. Ils l’inscrivent au Göppenger Gymnasium pour y faire ses études. C’est à cette école qu’Hermann se découvre une passion pour la poésie et l’écriture. En 1891, il obtient son diplôme et fait son entrée au séminaire de Maulbron, réservé aux jeunes garçons âgés de 14 à 18 ans.

En 1892, à l’âge de 15 ans, Hermann fuit la maison familiale où il étouffe et il revient après une absence d’une journée seulement. Ses parents le font soigner pour insomnies et maux de tête. La même année, il disparaît de nouveau lors d’une crise dépressive, et après l’achat d’un révolver, il laisse une note de suicide. Il revient le jour même et ses parents l’envoient dans une école pour déficients intellectuels. Sa correspondance de l’époque le montre de plus en plus révolté et agressif envers ses parents et envers l’autorité. Hermann est sur le point d’exploser. À la sortie de cette école, Hermann passe la majeure partie de ses journées à lire dans la bibliothèque de son grand-père.

Hermann Hesse : un autodidacte

En 1895, Hermann Hesse se déniche un poste dans une librairie où il peut donner libre cours à sa passion, la lecture. À cette période, Hermann est un adolescent solitaire qui, en dehors de la lecture, passe une grande partie de son temps, dans un état de méditation et de contemplation. C’est dans cet état d’esprit qu’il retrouve l’équilibre. Il retrouve également la foi dans la beauté et la poésie. Il lit beaucoup Goethe et Nietzsche, mais c’est surtout Goethe qui le fascine au plus haut point. Hermann prend des cours du soir en littérature qui vont lui permettre de créer son propre univers. Il passe la quasi totalité de son temps libre dans la lecture. Il va même jusqu’à affirmer que chaque heure passée loin de la lecture, lui semble être du temps perdu.

Hermann Hesse et la renommée

Fasciné par l’œuvre poétique « Les Romantiques », Hermann Hesse se lance dans la poésie. En 1896, un de ses poèmes est publié dans une revue. D’autres poèmes sont publiés dans les années suivantes. En 1898, son recueil de poésie « Les Romantische Lieder », paraît aux éditions E. Pierson, en 600 exemplaires. En 1899, Hesse voit un de ses livres publié. Il s’agit, cette fois, d’un recueil d’extraits en prose, dans lequel l’importance de l’individu et le danger de se fondre dans la masse, sont des thèmes récurrents. Avec la publication de son livre « Peter Camenzind », en 1904, Hermann Hesse se taille une renommée extraordinaire. Il peut, dès lors, vivre à même ses droits d’auteur et devenir un écrivain à plein temps. C’est une grande victoire pour lui.

Lors de la première guerre mondiale, Hermann Hesse est un des rares écrivains à prendre une position résolument pacifiste, ce qui lui vaut d’être rejeté et violemment critiqué. Le spectacle de la guerre et ses atrocités, de même que la maladie mentale de son épouse Marie Bernoulli, atteinte de schizophrénie, plongent Hermann Hesse dans une grande crise personnelle. Il entreprend alors une première psychanalyse avec un élève de Jung et, par la suite, avec Jung lui-même. En 1919, son épouse est internée et ses enfants sont placés chez des parents et amis. Hermann Hesse abandonne son existence mondaine et va s’installer, seul, à Montagnola, en Suisse.

Hermann Hesse a 42 ans. Il mène, en Suisse, une vie solitaire d’une grande frugalité, se consacrant à l’écriture, à la peinture et à l’introspection, sans pour autant se désintéresser du monde. Ses très nombreux articles (plus de 3000), ne sont que sarcasmes à l’égard de l’idéologie national-socialiste naissante, puis triomphante, ce qui lui vaut d’être jugé indésirable par le pouvoir hitlérien. En même temps, c’est le début de la période la plus créatrice et la plus profonde de sa vie d’écrivain : Siddharta, Le Loup des steppes, Narcisse et Goldmund naissent de cette rupture sociale.

Remarié à deux reprises, Hermann Hesse devient après la seconde guerre mondiale, un écrivain célèbre, admiré et reconnu comme étant un directeur de conscience. Bien qu’il n’ait cessé de réfuter cette reconnaissance, incompatible avec l’idée de liberté individuelle qu’il n’a jamais cessé de défendre, Hermann Hesse se montre soucieux de répondre au volumineux courrier qu’il reçoit (200 à 300 lettres par jour), au nom de la responsabilité morale de l’écrivain, qu’il a défendue toute sa vie.

En 1946, Hermann Hesse reçoit le prix Nobel de littérature pour son livre, « Le jeu des perles de verre », publié trois années plus tôt. Il meurt dans son sommeil, d’une hémorragie cérébrale, à l’âge de 85 ans, le 9 août 1962.

CITATIONS

« Il n’y a pas d’autre dieu que celui qui est en vous. »

« La sagesse qu’un sage cherche à communiquer a toujours un air de folie. »

« Non, être aimé ne donne pas le bonheur ! Mais aimer, ça c’est le bonheur ! »

« Le travail le plus dur, ce n’est encore rien auprès de la mort. »

« Il est bon d’avoir appris à ses dépens ce qu’on a besoin de savoir. »

« La tendresse est plus forte que la dureté, l’eau est plus forte que le rocher, l’amour est plus forte que la haine. »

« Les choses se déforment facilement quand on regarde en arrière. »

« Chacun de nous n’est rien de plus qu’un humain, rien de plus qu’un essai, une étape. »

« Sur les chemins sans risques, on n’envoie que les faibles. »

BIBLIOGRAPHIE

Romans :

Gertrude
Knulp
L’Ornière
Le Jeu des perles de verre
Le Loup de steppes
Le Voyage en Orient
Narcisse et Goldmund
Peter Camenzind
Rosshalde
Siddharta

Nouvelles :

Berthold
Enfance d’un magicien
Fiançailles
Histoires d’amour
L’homme qui voulait changer le monde
La Conversion de Casanova
La Leçon interrompue
Lauscher
Le dernier été de Klingsor
Le Curiste
Le Poète chinois
Les Frères du soleil
Souvenirs d’un Européen
Une petite ville d’autrefois

Contes :

Contes merveilleux

Poésie :

Poèmes choisis

Essais :

Éloge de la vieillesse
L’art de l’oisiveté
Le Voyage à Nuremberg

Lettres :

Lettres, 1900-1962

***

Sources :

Livres d’Hermann Hesse :

Éloge de la vieillesse ; traduit de l’allemand par Alexandra Cade. Paris : Calmann-Lévy, 2000, 182 p. (cote Dewey : 838.912 H587e)

L’art de l’oisiveté ; traduit de l’allemand par Alexandra Cade. Paris : Calmann-Lévy, 2002, 234 p. (cote Dewey : 838.912 H587a)

L’Homme qui voulait changer le monde ; traduit de l’allemand par Edmond Beaujon. Paris : Calmann-Lévy, 2003, c2002, 223 p.

Le Curiste ; et Souvenirs d’une cure à Baden ; traduit de l’allemand par Alexandra Cade. Paris : Maren Sell : Calmann-Lévy, 1995, c1996, 219 p. (cote Dewey : 838.912 H587 Xc)

Le loup des steppes ; traduit de l’allemand par Alexandra Cade.Paris : Calmann-Lévy, 2004, 230 p.

Narcisse et Golgmund ; traduit de l’allemand par Fernand Delmas. Paris : Le Livre de poche, 1995, c1948, 251 p.

Siddharta ; traduit de l’allemand par Joseph Delage ; préface de Jacques Brenner. Paris : Grasset, 2002, c1950, 172 p.

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