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Veni, Vidi, Vici

jeudi 28 décembre 2006, par Michaël Adam

J’étais un point, dans le temps et dans l’espace,
J’étais une maille entre l’infini et la vie qui passe.
J’étais un joint entre les gamètes d’un même génome,
J’avais du sang dans les veines et j’étais un homme.

Comme mes prédécesseurs,Veni, Vidi, Vici,
J’ai moi aussi entendu le cri de Leonard de Vinci,
Et celui de ceux qui, en vain, ont hurlé dans le désert.
J’ai lu les écrits de ceux qui ont blâmé la misère.

J’ai écouté la voix du violon et celle des choeurs,
J’ai aimé le chant des grillons et celui de ton coeur,
J’ai lu les rimes qu’écrit le jour au coucher du soleil,
J’ai contemplé les feuilles rouillées que le vent balaye.

Verba Volant, Scripta Manent, moi je partirai.
Elle tournera la terre, et moi je m’en irai,
Veni, Vidi, Vici, comme ceux qui m’ont précédé
Qui sont venus, qui ont vécu et qui sont décédés.

J’étais une maille entre l’infini et la vie qui passe,
Un miracle dans une meule de foin qui se tasse.
J’étais une pelote d’émotion, de passion et de curiosité,
Et toi, comme un chat, tu as su démêler ma morosité.