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La porte étroite (André Gide)

lundi 25 février 2008, par Chartrand Saint-Louis

« J’aime, que dis-je aimer - j’idolâtre Juliette ! » (p. 59)

« Le meilleur moment des amours n’est pas quand on a dit : Je t’aime... » (p. 60)

« Plus le devoir qu’on assume est ardu, plus il éduque l’âme et l’élève. » (p. 85)

« Quel charme vainqueur du monde
Vers Dieu m’élève aujourd’hui ?
Malheureux l’homme qui fonde
Sur les hommes son appui ! »
(paraphrase de Racine, p. 86)

« L’admiration, "chez les âmes bien nées", se confond en reconnaissance... » (p. 93)

« Oui, n’est-ce pas, ce qu’il faut chercher c’est une exaltation et non point une émancipation de la pensée. Celle-ci ne va pas sans un orgueil abominable. Mettre son ambition non à se révolter, mais à servir... » (p. 94)

« Comment avons-nous fait, durant de si longs mois pour nous taire ? Nous hivernions sans doute. Oh ! Qu’il soit fini pour jamais, cet affreux hiver de silence ! » (p. 95)

« Le mot : grand poète, ne veut rien dire : c’est être un pur poète, qui importe... » (p. 96-97)

« O mon frère ! Je ne suis vraiment moi, plus que moi, qu’avec toi... » (p. 102)

« Peut-être que j’appelle "être triste" simplement n’être pas aussi bruyant qu’eux... » (p. 103)

« Les formations sont toujours si mystérieuses et surprenantes ! C’est par défaut d’attention que nous ne nous étonnons pas plus souvent. » (p. 104)

« Tout ce que j’entreprends pour tâcher de tromper mon attente me paraît dérisoirement provisoire et je ne puis m’astreindre à rien. Les livres sont sans vertu, sans charme, les promenades sans attrait, la nature entière sans prestige, le jardin décoloré, sans parfums. » (p. 105)

« Il me paraît souvent, lui disais-je, que mon amour est ce que je garde en moi de meilleur ; que toutes mes vertus s’y suspendent ; qu’il m’élève au-dessus de moi, et que sans toi, je retomberais à cette médiocre hauteur d’un naturel très ordinaire. » (p. 124-125)

« Un peu moins orgueilleux, notre amour eût été facile... mais que signifiait désormais l’obstination dans un amour sans objet ; c’était être entêté, ce n’était plus être fidèle. » (p. 138)

« D’où me vient à présent, auprès d’elle, ce sentiment d’insatisfaction, de malaise ? - Peut-être à sentir cette félicité si pratique, si facilement obtenue, si parfaitement "sur mesure" qu’il semble qu’elle enserre l’âme et l’étouffe... » « Et je me demande à présent si c’est bien le bonheur que je souhaite ou plutôt l’acheminement vers le bonheur. » (p. 156-157)

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Gide, André. La porte étroite. Paris : Mercure de France, 1959, 182 p. (coll. « Le livre de poche »)