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Vue imprenable sur la Mort

mardi 3 juin 2008, par Jean-Louis Millet

Du balcon du présent mal scellé à la fenêtre du passé,
... tout en bas, l’agitation burlesque de la rue. Où courent-ils tous ? Vers quoi ? ...
appartement aux pièces anéchoïques closes sur leurs secrets,
... vers un(e) autre, et ses secrets ... pour la vérité ... mais des révélations vaudraient-elles le coup ? changeraient-elles quelque chose au cours des choses ?... à l’issue de la Chose ?
...
loin ou près - qui sait ? - l’horizon infundibuliforme de la vie.
« Horizon bel horizon dis moi qui tu es ? » « Horizon sans avenir, horizon sans surprise, horizon sans rien. A toi de choisir. A toi de jouer... »
Horizon sans avenir, horizon sans surprise, horizon sans rien. Comment imaginer meilleur issue ?
Horizon dans des yeux aveugles ... jusqu’à l’ultime expression telle la dernière goutte à la douille de l’entonnoir... ploc ! ... puis rien...
Attendre ou décider ?
Revers de l’attente... Attendre de ne plus attendre.
Sourde mélopée de la désespérance
Sous un ciel aveugle la brise d’un air bleui à bout de mémoire...
L’embarras du quoi.
Sur le Versant de l’Oubli...
Du sable dans la tête... la voix comme averse drue... discours futile...
Du puits obscur de la bouche un peu de passé sur les lèvres... haleine des ans désenchantés...
Préférer les ténèbres aux étoiles !
De cercle en cercle, l’immonde de ce monde.
Moments arrachés lambeau par lambeau à l’absurde
Trame de rires, de rêves et de fureurs.
Gris de désespérance des vies délabrées.
Bleu sans fond du néant
Cohorte de formes et de couleurs...
Incandescente torpeur. Silence d’airain...
Parfum aigu d’intimité cosmique à la douceur acide...
Depuis le début nous sommes seuls
serviteurs du vide
Entre deux pierres
chaque jour on plante des morts

***

Une version très légèrement remaniée de ce poème
est publiée dans le n°25 (juin 2008) de la revue Traction Brabant animée par Patrice Maltaverne.