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Abrégé de grammaire

lundi 14 juillet 2008, par Michaël Adam

J’étais un mauvais sujet, mais j’avais le verbe,
Pas toujours réfléchi, mais très souvent actif,
Très variable, contrairement à l’adverbe,
Et loin d’être passif, j’étais plutôt impératif.

Au mode du verbe "aimer", j’étais plus-que-parfait,
L’accord, au féminin, n’avait pas de terminaison,
Et le futur était un auxiliaire toujours imparfait
Dont seul "être" au présent justifiait les liaisons.

Ma seule conjugaison était toujours pronominale,
Sans conditionnel ni futur antérieur,
Le passé était simple et n’avait pas de point final.
Les "e" étaient muets et se prononçaient de l’intérieur.

Je m’exprimais sans me soucier du temps, à l’infinitif,
Avec une subordonnée circonstancielle, sans transitif,
Qui donnait à la juxtaposition un aspect définitif
Et au nom propre, un air singulier et bien intransitif.

Je mettais l’accent grave sur les traits d’union,
L’apostrophe sur les sujets... et leurs épithètes,
L’article contracté était un complément d’attribution
Pour la concordance du temps qui grisait ma tête.

***

Avec "Abrégé de grammaire", Michaël Adam a obtenu le grand prix de poésie 2008 André Girousse : un prix très attendu puisque c’est la 1ère année qu’il est décerné et le choix du lauréat a été drastique. Qui était André Girousse : un troubadour contemporain, qui a beaucoup oeuvré pour les poètes et les artistes. Il avait un beau talent. Parti récemment à l’âge de 98 ans, Solange Heisdorf-Strimon, sociétaire de la Ste des GENS DE LETTRES DE FRANCE ET DES POETES FRANCAIS depuis 1980 et présidente fondatrice de l’ASSOCIATION INTERNATIONALE DES BELLES LETTRES depuis 2002 lui avait promis qu’elle créerait un grand prix portant son nom pour que ce magnifique poète continue de vivre.