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Yom Hashoah

mardi 21 avril 2009, par Michaël Adam

Le présent meurt, et voilà le passé qui recommence
Soudain, il n’existe plus rien, ni la vie ni le temps
Seulement ce qui reste de toi et de moi : une souvenance
Toi l’enfant mort, jamais devenue femme, que j’aime tant.

Moi je vieillis et je m’affaisse, de toi à jamais endeuillé
Merveilleux monument des plus beaux souvenirs
Toi la première rose que dans mon coeur j’ai effeuillée
Tu habites mes rêves et je le sais : bientôt tu vas revenir.

A part moi, personne ne se souvient de toi, ni des autres
Sauf en ce grand jour funeste de la Commémoration
Où dans l’affliction, tous à l’unisson se vautrent
Dans un hurlement de sirène qui ressemble à une damnation.

Puis pour eux le passé meurt, mais pour moi il recommence
Car ta mort, petite soeur, fait partie de ma vie
Où depuis ton départ il y a un vide immense
Depuis que de mon enfance les brutes t’ont ravie.

Et moi je reste dans un présent qui ressemble au passé
Sans ton sourire, avec les brutes, avec la haine et ses frayeurs
Avec ceux qui sont là, debout, face à notre rêve cassé
Et je suis avec toi, petite soeur, toujours : ici, là-bas, ailleurs.