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Au fil des jours I

dimanche 21 juin 2009, par Jean-Louis Millet

La vieille ferme
tapie au creux du vallon
sous le soleil ras.

Un lit de lumière
et d’eau parmi la brume.
La nuit s’incendie.

De lourds nuages
filtrent la lumière jaune
d’un ciel de neige.

Un bourdon vole,
lourd, dans le soleil d’hiver.
Espoir de printemps.

Les diffractions d’un
soleil ras sur la neige.
Un rouge gorge.

La neige tombe ;
flasques et flemmards flocons.
Hasards vierges.

Cerisiers en fleurs.
Pas dans la gelée blanche.
Plus de fruits en juin.

La gelée blanche
habille la pelouse.
Empreintes de pas.

Un grand merle noir
a l’aile rafistolée
bondit dans l’herbe.

Les sautillements
d’un merle qui picore -
combat pour la vie.

Trilles affolées -
dans l’air la flèche noire
d’un merle qui fuit.

Chants et contre chants
harmonisent les amours.
Retour du printemps.

Sur fond de ciel bleu
le vol en arabesques
des hirondelles.

Dans un souffle d’air
la molle masse rose
des cerisiers fleurs.

La neige rose
des cerisiers fleurs choit et
habille le vent.

Pluie de pétales -
des fleurs meurent chaque jour
où va leur parfum ?

Pluie de ses larmes -
des pleurs meurent chaque jour
où va leur chagrin ?

Le printemps d’avril
aux douces senteurs de fleurs -
odeur de femme.

Odeur de femme -
sous un voile de lune
les ombres des fleurs.

Il est sept heures -
le disque blanc du soleil
hante la brume

Je bois à longs traits
l’eau des brumes lointaines
d’un matin bleuté.

Le pin en pot plat
expose ses fiers bourgeons
d’un lent mouvement

Un matin calme -
vol hésitant du bourdon
gavé de soleil

Plaques de mousse
retournées par un merle
chasse ouverte

A l’assaut d’un mur
la colonne de fourmis
souple ruban noir

La fourche bêche
retourne un sol léger
Brume du matin

La terre sèche
est légère à l’outil
l’esprit s’envole.

Bêchant son carré
le jardinier s’évade -
Haiku au jardin.

Dans le potager
un pissenlit s’étonne
d’être arraché

Au matin brumeux
le lilas blanc s’éveille
d’un très long sommeil

Là l’ortie mauve
s’offre au premier soleil -
vol lourd d’un bourdon

Le merle curieux
perché sur la barrière
fixe la bêche.

Le merle saute
dans le dos du jardinier
Attente du ver

Au pied d’un lilas
des violettes tapies.
Harmonie des tons.

***

Cette longue série d’Haïkaï - haïku - est en ligne sur zen évasion dans le recueil "au fil des jours".

Ces très brefs textes n’ont aucun lien entre eux si ce n’est qu’ils ont tous été écrits sur l’émotion de l’instant. Ils ne forment donc pas une suite, mais une série d’images.