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Pour peu que tu sois là

mardi 9 novembre 2010, par Thierry Cabot

Pour peu que tu sois là, demain ou tout à l’heure
Comme un scintillement écumeux du désir,
Un miel de dahlia rose en automne qu’effleure
Le chant frais d’une main frissonnante à loisir.

Pour peu que tu sois là quand le deuil me décime,
Blanche, ineffable et pure et toujours t’élevant
Du sort le plus hideux à la plus neuve cime
Grâce aux mots par lesquels je redeviens vivant.

Pour peu que tu sois là, louve aux yeux d’émeraude,
Sous le jeune habit clair des souples amandiers,
Lorsque au bout de mes doigts quelque délice rôde
Et que mon coeur se fond dans tes cils incendiés.

Pour peu que tu sois là, magique de silence,
Longue et féline entre le don et l’ingénu,
Tandis que, vaste en nous, un songe ailé s’élance
Avec le charme saint d’un aveu retenu.

Pour peu que tu sois là parmi les douces neiges,
L’ample lumière ou les vents qui nous font trembler,
Je n’aurai tel un feu nourri de sortilèges,
Que ton amour infiniment à contempler.

***

Poème extrait de "La Blessure des Mots".

Poème lu par Gilles-Claude Thériault