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Arrière-saison

lundi 6 décembre 2010, par Thierry Cabot

La pluie et le vent
Sur ton sein vivant
Roulent une eau grise.
Ils sont bien ailleurs,
Les soleils rieurs
Qui te rendaient grise.

A demi noyé,
Le portail mouillé
Puis les grilles mornes
Sifflent à mourir.
On ne voit fleurir
Qu’un sanglot sans bornes.

Sous ton noir chapeau,
L’émail de ta peau
Semble, deuil immense,
Pâle se figer,
Seul, comme étranger
A toute romance.

C’est déjà l’oubli.
Le jardin sali
Hèle en vain ses roses.
Et toi, que dis-tu ?
Pleine du têtu
Couperet des choses.

***

Poème extrait de La Blessure des Mots.