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L’esclavage financier

mercredi 10 août 2011, par Jean-Claude St-Louis

Le monde croule sous le poids des dettes qui sont devenues un système d’extorsion international. Les puissants de ce monde qui créent la monnaie, qui la possèdent et qui la prêtent, extorquent le peuple avec la complicité des États qui ne font rien pour les en empêcher. Les États eux-mêmes sont à leur merci.

La monnaie et les taux d’intérêt

Avant la création de la monnaie, le troc permettait l’acquisition des biens. Un bien ou un service s’échangeait contre un bien ou un service d’une même valeur et l’harmonie régnait. La monnaie et les taux d’intérêt sont venus modifier le tout. En permettant aux banquiers de créer la monnaie et de la prêter avec des intérêts, les États créaient deux classes sociales : les riches (l’infime minorité) et les pauvres (la masse).

Tout au début, les sages, dont Aristote, disaient que les intérêts ne pouvaient s’appliquer sur la monnaie. Un bien, tel un terrain, pouvait générer des revenus, mais pas la monnaie, disaient-ils ! Les États n’en ont pas tenu compte et la spirale de l’endettement commença avec ses nombreux drames. Les rois eux-mêmes devinrent à la merci des prêteurs puisqu’ils avaient besoin d’argent pour constituer des armées.

Les taux d’intérêt composé

Le système de taux d’intérêt composé est un monstre qui s’alimente de lui-même et qui grossit à vue d’œil. Les intérêts s’appliquent non seulement sur les sommes empruntées, mais sur les intérêts. Les intérêts sur les intérêts font en sorte que les sommes empruntées deviennent rapidement astronomiques. De nos jours, certains pays consacrent plus de la moitié de leur budget pour le remboursement de la dette. Malheureusement, la dette ne diminue pas, car, dans bien des cas, ces pays ne paient que des intérêts.

Les cartes de crédit

Les lois empêchent un individu de prêter à des taux usuraires, mais pas les grandes entreprises. Ces dernières ont le droit de fixer des taux d’intérêt de 30 % sur les cartes de crédit. Quand on voit que les institutions financières versent des intérêts ridicules sur les comptes d’épargne des particuliers, des taux d’intérêt de 30 % sont usuraires. Des personnes versent des montants mensuels sur leur carte de crédit, mais leur dette ne diminue pas puisque ces personnes ne paient que des intérêts, toujours calculés sur le montant de base.

Le système financier international risque de s’écrouler

L’endettement fait en sorte que les pays les plus riches sont menacés de faillite. On le voit en Europe avec la Grèce qui croule sous sa dette. Les banques européennes volent à la rescousse, non pas du peuple, mais des banques prêteuses qui risquent de perdre des centaines de milliards d’euros. Les États-Unis, le pays le plus puissant de la terre, est aux prises avec une dette gigantesque de près de 14,500 milliards de dollars. Si une crise éclate aux États-Unis, elle aura des répercussions sur toutes les bourses du monde et le système financier international risquera de s’écrouler.

Revoir le système financier

Le système financier actuel, qui est contrôlé par le secteur privé, devrait être revu en profondeur. Il est contrôlé par les banques à qui l’État a donné le pouvoir de créer la monnaie et de la prêter avec des taux d’intérêt. Ce faisant, l’État est devenu à la merci de ces banques. Il appartient à l’État de créer la monnaie, sans taux d’intérêt. La valeur de la monnaie pourrait être calculée sur la richesse du pays, ce qui mettrait un terme à la spirale de l’endettement.

De nos jours, même la Banque fédérale américaine (ou la FED), n’a de fédérale que le nom puisqu’elle est contrôlée par le secteur privé. Il est tout à fait anormal qu’une banque centrale soit sous le contrôle du secteur privé, qui lui, ne cherche qu’à s’enrichir au détriment de la collectivité.

Une parodie de démocratie

On nous répète à satiété que dans une démocratie le peuple est souverain. Une véritable démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. Ce n’est certainement pas le cas de nos jours, car la démocratie n’est qu’une parodie de démocratie. Le peuple croit être souverain dans un système électoral : une personne-un vote, mais ce n’est pas le cas, car même les élus n’ont pas de véritables pouvoirs.

Le vrai pouvoir appartient à ceux qui possèdent l’argent, soit les grandes banques, les multinationales et les riches familles du monde. Certaines multinationales sont beaucoup plus riches que bien des pays. Les puissants qui possèdent l’argent ont le pouvoir de tasser les gouvernements et d’imposer leur volonté. Leur volonté est bien simple : faire le plus d’argent possible afin d’accroître leur pouvoir.

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Consulter le dossier de Libération : « Pour comprendre la crise de la dette »