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Les médias

mercredi 30 mai 2012, par Jean-Claude St-Louis

Le rôle des médias est d’une importance capitale dans une société. Un citoyen bien informé est un citoyen capable de prendre une décision éclairée. Est-ce que l’information diffusée est conforme à la vérité ? C’est la question qu’on doit se poser. Que ce soit dans une dictature, un régime communiste ou un régime capitaliste, le pouvoir en place cherche toujours à prendre le contrôle de l’information afin de diffuser son information.

Aussitôt qu’un régime totalitaire prend le pouvoir, on voit les responsables du coup d’État mettre tout en œuvre afin de s’emparer des médias, surtout les postes de radio et télévision. Ils n’hésitent pas à utiliser la force, s’il le faut, pour parvenir à leurs fins. Le but est toujours le même : s’emparer des médias afin de diffuser l‘information qui sert les responsables du coup d‘État.

-  Dans une dictature

Dans une dictature, seule la volonté du dictateur compte. L’opposition n’existe pas ou elle est réprimée brutalement lorsqu’elle existe. Dès qu’un dictateur est renversé, son remplaçant, qui peut avoir dénoncé les abus de son prédécesseur, commet les mêmes abus et dans bien des cas, des abus bien plus graves encore. Le pouvoir d’un dictateur est un pouvoir absolu. Il a le droit de vie et de mort sur tous ses sujets.

-  Dans un régime communiste

Dans un régime communiste, il n’y a pas de liberté de presse. Aucune critique du pouvoir en place n’est tolérée. L’information diffusée est d’un ridicule consommé. Les médias font des courbettes devant le pouvoir en place et ne rapportent que les bons coups du régime. Puisqu’il n’y a pas d’opposition réelle, il n’y a pas d’information réelle. Les prisons sont habituellement remplies de prisonniers politiques.

-  Dans un régime capitaliste

Dans un régime capitaliste, le contrôle de l’information se fait d’une façon plus subtile. Le pouvoir en place laisse croire à la liberté de presse, alors qu’elle n’existe que si le pouvoir l‘autorise. Quand les médias appartiennent aux puissances de l’argent qui ont plein contrôle sur le politique, l’information est diffusée afin de servir les intérêts des puissants, les véritables maîtres du pays.

Capitalisme versus Démocratie

Une véritable démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple, tel que décrit par les Pères de Confédération américaine. En temps de paix, un régime capitaliste tolère la démocratie. Il en va tout autrement, lorsque le régime se sent menacé, de l’intérieur comme de l’extérieur. Les libertés volent rapidement en éclats. Pour assurer son pouvoir, le régime en place n’hésite pas à prendre tous les moyens, incluant la suspension des droits et libertés et l’intervention des forces armées.

On a vécu ce phénomène lors de la crise d’octobre au Québec et l’imposition de la loi des mesures de guerre. Du jour au lendemain, les libertés ont été suspendues et les forces armées ont obtenu le droit d’arrêter et d’emprisonner toute personne jugée suspecte. Cinq cents personnes furent arrêtées et emprisonnées, sans motif. Les perquisitions sans mandat se sont multipliées et de nombreux abus furent commis.

Immédiatement après les attentats contre le World Trade Center, le 11 septembre 2001, le gouvernement américain a adopté la loi dite : Patriot Act, qui lui a donné tous les pouvoirs. Les libertés ont été suspendues et toute personne pouvait être arrêtée et emprisonnée sous de simples soupçons, et ce, pour toute la durée que le gouvernement jugeait nécessaire. Le droit à un avocat et les visites ne furent plus autorisés. De nombreux abus ont été commis et des personnes furent arrêtées et emprisonnées pour une simple critique contre les autorités. Le Canada a, évidemment, adopté une loi semblable.

Dans les situations de conflit

Lors des conflits, on voit très bien que les médias deviennent une arme très redoutable dans les mains des gouvernements. On voit alors les médias se déchaîner contre un ennemi souvent créé de toutes pièces. Les médias tentent même de soulever les passions afin que l’État puisse exercer des représailles contre l’ennemi imaginaire. Le citoyen apeuré et habité par un désir de vengeance est prêt à toutes les barbaries pour assouvir ses passions. Jetons un coup d’œil sur les derniers grands conflits :

-  La Guerre du Vietnam

S’il y a une guerre qui a dépassé, en horreur, tout ce qu’on peut imaginer, c’est bien la guerre du Vietnam. Ce sont les populations civiles qui ont le plus souffert lors de cette guerre, puisqu’elles ont été arrosées de bombes au napalm, une des armes les plus cruelles. Des millions de civils ont péri dans des souffrances atroces et d’immenses étendues ont été dévastées. À qui aura servi cette guerre si ce n’est aux puissantes multinationales de l’armement ?

Comme dans la majorité des conflits, la guerre du Vietnam a été provoquée. Les États-Unis ont déclenché les hostilités et les représailles, à la suite d’une "prétendue" attaque du Nord Vietnam contre les navires de guerre américains dans le Golfe de Tonkin. Le contre-torpilleur américain USS Turner Joy a signalé une attaque du Nord Vietnam qui aurait lancé, disait-on, 22 torpilles contre les navires de guerre américains, ce qui s’est révélé totalement faux.

Avant même de vérifier la véracité des faits, les médias américains se sont lancés dans une attaque en règle contre le Nord Vietnam, exigeant des représailles immédiates. Le président américain Lyndon B. Johnson n’attendait évidemment que ça. Le 5 août 1964, il ordonnait le bombardement du Nord Vietnam. Quatre millions de personnes allaient périr dans cette guerre, incluant 52,000 jeunes soldats américains. Pourquoi cette guerre ? Pour stopper l’influence de l’Union Soviétique dans cette région jugée stratégique pour les États-Unis.

-  La Guerre du Golfe

S’il y a une guerre qui a été provoquée, c’est bien celle du Golfe, qu’on pourrait appeler la guerre du pétrole. Les mensonges et la manipulation ont occupé toute la place durant cette guerre. Les principaux acteurs ont été le président George Bush et les grands médias américains qui ont fait preuve d’un fanatisme incroyable. La vérité n’a jamais été aussi bafouée que lors de cette guerre. Les médias ont repris les mensonges de Bush et ont monté le peuple américain contre l’Irak qui possédait, disait-on, des armes de destruction massive.

Pour se donner bonne conscience, George Bush a créé une coalition en forçant la main des pays "amis". Tout pays qui refusait de joindre la coalition était jugé "ennemi des États-Unis". Même la France n‘y a pas échappé. Les médias américains ont traité les Français de tous les noms. Ils ont lancé un boycottage des vins français et ont voulu changer le nom des frites françaises (French’s Fries) pour celui des frites de la liberté (Liberty’s fries). Ils ont même voulu rapatrier tous les corps des soldats américains morts sur le sol français durant la Deuxième Guerre mondiale. La folie des médias a atteint son paroxysme.

Le durcissement d’une démocratie

Nous vivons en Occident une situation qui devient inquiétante. Les pays dits "libres" se dirigent vers une forme de dictature et les médias en portent une grande responsabilité, en ne jouant pas leur rôle de "chiens de garde". La liberté de presse n’existe plus depuis que les puissantes multinationales ont pris le contrôle des médias. D’une façon subtile et en apeurant le peuple, l’information devient de la désinformation. Toute contestation du pouvoir en place est sévèrement réprimée. Habités par la peur, les citoyens sont en train de tisser, eux-mêmes, les liens qui vont les retenir prisonniers, en laissant les autorités adopter des lois de plus en plus contraignantes.

À moins d’être aveugle, on voit très bien que les droits et libertés sont attaqués de toutes parts. Même le droit de manifester est contesté. Des agents provocateurs travaillent dans l’ombre afin de semer la discorde et jeter le discrédit sur les manifestants. Les répressions deviennent de plus en plus sévères. Le pouvoir durcit ses positions et les autorités se servent des tribunaux afin d’affermir leur autorité. Les médias jettent de l’huile sur le feu et les citoyens sont tellement manipulés qu’ils exigent des lois sévères et des représailles contre les fauteurs de trouble, qui ne sont pas toujours ceux qu’ils croient.

Conclusion

L’avenir apparaît bien sombre pour la liberté. Graduellement, cette liberté va perdre des plumes et ne deviendra plus qu’un lointain souvenir. Se croyant menacés par des anarchistes, des communistes et des "monstres" créés de toutes pièces, les gens vont devenir des moutons et ils vont se laisser manger la laine sur le dos. Les lois vont se durcir et les prisons se remplir. Les médias ne seront plus qu’un outil de propagande et les puissants pourront imposer leur volonté et s’enrichir honteusement. Comme le disait Lord Acton, philosophe anglais : "Le pourvoir corrompt ; le pouvoir absolu corrompt d’une façon absolue".