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Nino Rota, compositeur célèbre
(1911-1979)

dimanche 16 octobre 2005, par Jean-Claude St-Louis

Nino Rota naît à Milan, Italie, le 3 décembre 1911. Issu d’une famille de musiciens, il commence à étudier le piano, avec sa mère, à l’âge de huit ans. En 1923, soit à l’âge de douze ans seulement, on le retrouve au conservatoire de Milan, où il est l’élève des musiciens Pizzetti et Orefice. En 1929, il obtient son diplôme de musique au conservatoire Santa Cecilia, de Rome. Entre-temps, il commence à se produire, en public, comme compositeur et chef d’orchestre, et il est aussitôt considéré comme un enfant prodige. À l’âge de douze ans, il produit son premier oratorio à Milan et à Paris, où il est accueilli chaleureusement. Il compose une comédie lyrique à l’âge de quinze ans.

De 1930 à 1932, Nino Rota vit aux États-Unis, où il obtient une bourse de l’Institut de Curtis, de Philadelphie. Il étudie, à cet endroit, comme compositeur, avec Rosario Scalero et comme chef d’orchestre, avec Fritz Reiner. Il revient en Italie, où il obtient un diplôme en littérature à l’université de Milan. En 1937, Nino Rota débute une carrière d’enseignant qui le mène au poste de directeur du conservatoire de Bari, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort, le 10 avril 1979, à l’âge de 68 ans.

À part ses compositions qui l’ont rendu célèbre dans sa jeunesse, Nino Rota a écrit onze opéras, dont Ariodante, Torquemada, Di Fireza, ainsi que six ballets, dont La Strada, Amor de poeta. Son oeuvre la plus remarquable fut, cependant, celle de compositeur de musique de films. Les plus grands réalisateurs, dont Federico Fellini, avec qui il fut très proche, lui doivent une immense part de l’âme qui habite leurs films. Peut-on imaginer "La Strada" ou "Le Guépard", sans la musique de Rota ? Et que dire du "Parrain" de Francis Ford Cappola ? Ce film lui valut, d’ailleurs, une immense renommée en Amérique. Il a écrit également les musiques de films de réalisateurs renommés comme René Clément, Franco Zeffirelli, Mario Monicelli, Edouard Dmytrik et Eduardo de Filippo.

C’est toutefois avec Federico Fellini, que Nino Rota a connu le plus de succès. Il a participé à pratiquement tous les films de Fellini, dont "Le Cheik blanc", en 1952, "Les Inutiles", en 1953, "La Strada", en 1954, (Oscar pour le meilleur film étranger), "Il Bidone", en 1955, "Les nuits de Cabiria", en 1957, "La Dolce Vita", en 1959 (Palme d’or au Festival de Cannes), "Boccare 70", en 1962, "Huit et demi", en 1963, "Juliette des esprits", en 1965, "Histoires extraordinaires", en 1967, "Satyrion", en 1969, "Les Clowns", en 1970, "Roma", en 1972, "Amacord", en 1973, "Casanova", en 1976 et son dernier : "Répétitions d’orchestre", en 1979, l’année de sa mort. Parlant de Nino Rota, Fellini disait, avec émotion, qu’il le considérait comme un proche parent qui, le prenant par la main, l’amenait dans ce monde d’harmonie, de paix et de perfection, qu’est le monde de la musique.

À écouter de l’œuvre de Nino Rota  :

Rota, Nino, La Strada, suite symphonique, Il gattopardo (Danses du Guépard) Concerto, Soirée pour piano et orchestre. Benedetto Lupo (piano). Orquesta
Cuidad de Granada, dir. Josep Pons (HmC 90186).

Ce livre-disque, abondamment et joliment illustré d’affiches de films et de photos de tournage, rend justice à la Suite Symphonique que Nino Rota a écrit, douze ans après La Strada. On y retrouve le bouleversant lyrisme du film. Le pianiste Benedetto Lupo, qui fut un des élèves de Rota, au conservatoire de Bari, a réussi, sous la direction du chef d’orchestre Josep Pons, une superbe performance, d’un dynamisme lumineux et d’une virtuosité extraordinaire. De cette performance musicale, jaillit, simple et intense, l’émotion la plus belle.

Rota, Nino, La Strada, suite symphonique, Concerto pour harpe, Concerto pour trombone. Jennifer Swartz, harpe, Alain Trudel, trombone, Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, dir. Yannick Nézet-Séguin, atm classique ACD 2 2294.

Enrégistré à la salle Claude Champagne, ce premier opus discographique du maestro Nézet-Séguin bénéficie d’une prise de son superbe. Il s’agit d’un disque réussi et original. Jennifer Swartz, harpiste solo de lOSM, partage son grand talent de virtuose avec Alain Trudel, ce magicien du trombone, qui brille dans la partition que Nino Rota a composé pour cet instrument.

Rota, Nino, Omaggion a / Hommage to Frederico Fellini. BMCDS 101. SIAE/AAD, Distribuzione Butterfly Music S.R.L., Milano. Colonne sonore originale (à l’exception d’ Amarcord). Contient 22 pièces musicales des films de Fellini, de 1952 à 1963 : Amarcord, La Dolce Vita, Il Bidone, La Strada, I Vitelloni, 8½, Le Notti di Cabiria, Lo Sceicco Bianco et Boccaccio 70. Cette compilation date de 1993. Durée : 72 :30 minutes.

Ces pièces originales offrent un beau tour d’horizon de la filmographie de Fellini et permettent de se replonger dans son univers surréaliste, à l’imaginaire débridé. Il est particulièrement plaisant d’entendre les beaux airs d’Amarcord, de La Dolce Vita et de 8½.(Commentaire de Carole).

La qualité sonore de cet enregistrement est excellente. Les arrangements originaux sont un mélange de plusieurs époques (fin classicisme/début romantisme, folklore classique, musique ancienne des années ’50, musique populaire, rappel de vieux airs de jazz). Aspect de petits orchestres. On entend l’influence de Suppé ("la cavalerie légère"), de Moussorgski et, surtout, de Tchaïkovski avec ses grandes envolées lyriques et ses jolies danses. Parfois des airs de valse, d’autres fois de la musique de cirque. Les thèmes sont répétitifs avec des diverses variations. Chaque musique est très différente. Musique tonale, formelle, avec une harmonisation légère, convenant bien à un fond sonore pour un film. Belle qualité d’orchestration. Quelques pièces sont une musique en soi, pouvant facilement vivre sans référence aux films (ex. : Amarcord, La Dolce Vita, La Strada et 8½) ; d’autres en sont difficilement détachables (ex. : Le Notti di Cabiria, Lo Sceicco Bianco et Boccaccio 70).(Commentaire d’Albert).

À lire sur Nino Rota  :

Rota, N. Musique de films ; [transcription, Annick Chartreux], Fondettes, France : Van de Velde, c1996, 23 p. : notation musicale (cote : 780.26 R842m)