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Les maîtres du monde

samedi 30 avril 2005, par Jean-Claude St-Louis

Les maîtres du monde sont dans l’ordre :

Les États-Unis d’Amérique

En instituant le dollar américain comme monnaie mondiale, celui-ci est devenu la seule devise de référence du système monétaire international. Toutes les autres monnaies du monde fluctuent et flottent autour du roi-dollar américain, ce qui place les États-Unis dans une situation privilégiée. Le dollar américain compte pour les deux-tiers de toutes les réserves monétaires mondiales. La Réserve Fédérale Américaine exerce une influence incontestée sur tous les marchés financiers de la terre. Son président a plus de pouvoir que tous les présidents réunis. Un seul mot de sa part secoue les marchés financiers. Sa fonction de protecteur de la monnaie (le dollar américain) fait de lui le gouverneur financier mondial.

Les grandes multinationales américaines (les véritables patrons) dominent le système productif mondial dans tous les secteurs de l’économie, surtout ceux de la finance, les ressources énergétiques, les produits pharmaceutiques, la technologie, l’information, etc. Ces géants, avec des chiffres d’affaires de 100 milliards et plus, exercent une influence considérable sur les politiques américaines. D’ailleurs, les dirigeants de ce pays ont des liens étroits avec les grandes sociétés pétrolières et celles de l’armement.

Le budget militaire américain s’élève à 450 milliards de dollars, ce qui représente 40% du budget militaire mondial. En comparaison, le budget militaire de la France représente moins de 1% du budget mondial. Depuis l’arrivée de Georges W. Bush comme président, le budget militaire américain a augmenté de 150 milliards de dollars. Les États-Unis sont l’unique super puissance mondiale et ils imposent leur volonté au reste du monde.

Les Bourses les plus influentes se trouvent aux États-Unis, dont la Bourse de New York. Elles détiennent 53% de toute la capitalisation boursière mondiale, sur un total de 21,000 milliards de dollars. En comparaison, l’Europe en détient 29% et le Japon, 11%.

Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale

Le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, qui ont leur siège social aux États-Unis, sont les maîtres et seigneurs du monde. Le F.M.I., après dix ans d’une marche forcée vers une économie de marché, a réussi à transformer les pays de l’ex-U.R.S.S. en pays du tiers-monde. Mieux encore, il a réussi à transformer ces économies en capitalisme sauvage, où "business" et crime organisé cheminent côte à côte. Les pauvres, dans ces pays, sont dans un état plus misérable encore que sous les anciennes dictatures communistes. Le F.M.I. et la Banque Mondiale adoptent les mesures les plus radicales pour promouvoir la mondialisation. En consentant des prêts de plusieurs milliards, ils exigent des mesures draconiennes qui mettent à genoux les pays les plus pauvres et qui affament les populations.

Les agences de notation financière

Les agences de notation financière (Moody’s, Standard and Poor’s, etc), dont les sièges sociaux sont à New York, font trembler les gouvernements du monde. Il s’ensuit des pèlerinages d’hommes politiques à New York pour convaincre ces géants. Une appréciation négative entraîne une décote et une hausse des taux d’intérêts sur les milliards empruntés par les pays. Ces agences peuvent provoquer des crises économiques et des paniques sur les marchés financiers.

En avril 1998, la seule rumeur que Moody’s s’interrogeait sur l’opportunité de maintenir la cote triple AAA du Japon, a fait chuter le yen à son niveau le plus bas en sept ans.

Le G-8 financier

Le G-8 financier est le conseil d’administration du monde globalisé. Il regroupe les gouverneurs des banques centrales et les ministres des finances des huit pays les plus riches de la terre. Le G-8 financier opère la liaison entre les milieux financiers et les instances politiques. Les vraies décisions sont toutefois prises par ceux qui possèdent et qui dirigent, soit les puissantes multinationales. Les maîtres du nouvel ordre mondial trouvent normal que le monde globalisé soit gouverné par ceux qui possèdent la richesse. Ces seigneurs ont leurs contremaîtres qui les aident à étendre leur hégémonie. Ce sont les chefs politiques qui voient à l’application des lois du marché. Ce faisant, les riches s’enrichissent de plus en plus et les pauvres s’appauvrissent.

Les banquiers

Les puissants banquiers sont parmi les plus influents de la classe dominante. Les salaires qu’ils s’allouent sont exorbitants. Quelques banquiers américains s’allouent des salaires de plus de 100 millions par année. S’adressant à la crème de l’élite mondiale à Davos, en 1996, le Dr. Hans Tietmeyer, le roi des banquiers allemands, a dit : "Le seul problème est que la plupart des hommes politiques n’ont toujours pas bien compris à quel point ils se trouvent aujourd’hui sous le contrôle des marchés financiers et à quel point ils sont dominés par eux". Le chroniqueur du Financial Times de Londres, citait dans son article : "The money Masters" : "Les gouverneurs des banques centrales sont désormais les maîtres et seigneurs du monde. Les chefs politiques et autres premiers ministres peuvent jouer à la guerre et à la paix, se pavaner à l’étranger, se donner de l’importance sur la scène internationale, mais en matière d’argent, ils n’y sont plus. En affaires, les politiciens sont nuls. Ils ne savent que gaspiller notre argent. Ils ne s’en cachent guère d’ailleurs. Remettons-nous en donc à ces gens plus sérieux que sont les banquiers".

Conclusion

L’idéologie des maîtres du monde a remplacé la religion tout en lui ressemblant énormément. C’est un système d’idées, de croyances et de valeurs, propagé par la classe dominante pour asseoir son hégémonie sur le monde. Toute cette stratégie repose sur un seul but : LE PROFIT !