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La tempête

mardi 20 décembre 2005, par Jean-Claude St-Louis

Tout comme un immense essaim de diamants
Aux multiples facettes scintillantes
La neige qui tombe en poussières d’argent
Recouvre les champs d’une blancheur éclatante

Le sentier s’ouvre comme un porche ténébreux
Dans la clarté douteuse de ce jour tombant
Les faîtes s’habillent d’un voile mystérieux
Qui se hausse et se baisse agité brusquement

Une grisaille sans nom vient tout envelopper
Les flocons tombent dru nivelant les hauteurs
Les bises cinglantes se mettent à souffler
Comme une horde déchaînée de vieilles terreurs

Les bruits fendent l’air à grands coups de dent
Les nuées se meuvent comme des ombres en colère
Les rameaux courbent l’échine sous la force du vent
Derrière la poudrerie s’amoncellent les congères

Les vagues se succèdent avec une rare violence
Des sapins se hérissent pour freiner leurs élans
Un vieux tremble s’abat au cœur de la tourmente
Les affres se suivent comme dans un feu roulant

Un érable centenaire ploie sous une poussée brutale
Ses branches craquent sous la morsure du froid
Les tourbillons virevoltent en formes spectrales
Qui s’avancent serrées comme des bêtes aux abois

Le temps semble pris d’une folie meurtrière
La forêt blessée pousse de longs hurlements
Sous l’emprise de démons aux allures guerrières
Un grand pin solitaire gémit tristement

Les rafales s’affolent imitant la démence
Se lancent à l’assaut de maisons isolées
Au plus fort du chaos la terre se lamente
Sur ses vastes étendues devenues désolées

Les bourrasques grondent en roulement de tonnerre
Se déplacent dans le ciel à un rythme effarant
Des sons stridents déchirent l’atmosphère
La tempête rugit comme un monstre terrifiant