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Le carrousel des automates

jeudi 29 décembre 2005, par Jean-Claude St-Louis

On entend un signal sonore
Les automates se lèvent, s’activent
Tous livrés à leur triste sort
Pauvres épaves à la dérive

C’est l’hôpital des internés
De ceux appelés les "cas lourds"
Dernier refuge des rejetés
D’un monde dépourvu d’amour

Dans le couloir peu éclairé
Les automates déambulent
Privés d’espoir, de gaieté
Chacun renfermé dans sa bulle

Sur le trottoir de la cité
D’autres automates déambulent
Le pas rapide, c’est la ruée
Chacun renfermé dans sa bulle

Ces automates à carapace
Qui traînent leur propre prison
Devant les cris de la populace
Sont dépourvus de compassion

Immunisés contre la souffrance
Vont droit devant sans regarder
La main tendue, la déchéance
Leur cœur aussi froid que l’acier

Dites-moi où est la différence
Entre l’automate interné
Et celui qui a l’impudence
De se prétendre en liberté ?

Les deux sont dans le même giron
Celui qui fait de l’être humain
Un esclave de la consommation
Le monde rêvé de demain !

La terre est déshumanisée
Vive l’argent ! Vive le Veau d’or
 !
Les morts-nés sont conditionnés
Et roule la valse des milliards !

Allez, multipliez les prisons
Pour les exclus, les révoltés
Érigez vos murs de béton
Pour les pauvres hères abandonnés

Des fous furieux règnent sur terre
Où il est interdit de penser
Le livre sacré et l’arme sont frères
"Mort aux impies !" crie l’exalté

"Démocratie !" crie le Grand Frère
Et tourne la valse des trillions !
Le roi-dollar et l’arme sont frères
Et vive la mondialisation !

Le "politique" rampe comme un ver
Aux diktats des Puissants, répond
Le texte de loi et l’arme sont frères
Aux masses on impose le bâillon

Les milliardaires ce sont les maîtres
Du monde dit : "civilisé"
Le "capital" fait apparaître
Le gouffre des disparités

Sus aux tenants de l’écologie !
Le dieu-dollar est le Grand Maître
Qu’importe la santé, la survie !
Le monde des clones va bientôt naître

La Mère-nature est crucifiée
C’est bien visible qu’elle expire
L’air, le sol, les mers pollués
Comment ne pas craindre le pire ?