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Moment de réflexion

jeudi 19 janvier 2006, par Jean-Claude St-Louis

Comment se libérer de l’ego ? Toute notre vie, nous sommes prisonniers de l’ego qui est l’essence même de notre existence. Pour s’en libérer, il faut renoncer à notre expérience, nos connaissances et nos perceptions accumulées au cours de notre vie. Il faut élever notre pensée au-dessus du corps périssable et agir comme si nous avions l’éternité devant nous. Il faut s’élever au-dessus des choses terrestres : désirs, biens matériels, argent, etc. et apprendre à vivre l’esprit détaché du corps ; apprendre à vivre réellement libre.

L’esprit doit s’élever au-dessus de tout ce qui est terrestre car tout ce qui est terrestre nous rattache à la terre. Le but ultime est de s’en détacher.

L’attachement et les émotions : haine, jalousie, envie, etc. font obstacle à une conscience libérée, à une pensée limpide et lucide.

Pour se libérer de l’attachement aux choses terrestres, il faut, premièrement, en prendre conscience.

Pour se libérer de l’attachement et des émotions, il faut être capable de les observer et se dire : « Pourquoi cet attachement ? », « Pourquoi cette émotion ? »

« Ne sont-ils pas un piège, une entrave à ma liberté ? »

L’attachement est un piège car il engendre la peur, l’anxiété, la jalousie, les conflits, etc.

Être libre signifie ne dépendre de rien, ni personne : ni du conjoint, ni des autres, ni des religions, ni des sectes, ni des partis politiques, ni de toute forme d’autorité. Lorsque je m’identifie à une religion, à une secte, à un parti politique, etc., je m’identifie à une image, à la pensée des autres ; donc je ne suis pas libre.

Nous sommeillons quand notre esprit a été endormi par les autres. Pourquoi ne pas nous éveiller en puisant la lumière à l’intérieur de nous ?

Si j’accepte de suivre une religion, un gourou, une secte, un maître, je renonce à moi-même pour adopter l’image d’un autre. Je ne suis plus moi-même ; je suis ce qu’un autre veut que je sois.

Sois toi-même !, dit le sage. N’appartient à aucune religion, institution, organisation, etc. Ne suis personne. Ne sois pas le disciple de qui que ce soit. Personne ne peut t’apporter le salut sur un plateau d’argent. Si quelqu’un te dit : « Je sais ! », dis-toi bien qu’il ne sait pas. Où il y a autorité de quelqu’un sur un autre, il n’y a pas d’amour vrai. Dans le domaine spirituel, sois seul et agis seul. Cherche la vérité à l’intérieur de toi.

À partir du moment où je suis lié à une personne, à une idée, à un concept, le conflit apparaît. Même si la dépendance apporte un sentiment de sécurité, cette situation comporte toujours une idée de possession. Lorsque cette situation est menacée, le conflit apparaît. Ne pas chercher, non plus, à créer le contraire, car si on cherche à créer le contraire, le conflit apparaît également. Exemple : si je suis violent et si je dis : « Je dois me corriger, il ne faut pas que je sois violent ! », le conflit intérieur apparaît. Mais si j’étudie et analyse attentivement la violence, ses causes, sa nature profonde, ainsi que toutes les conséquences néfastes qui en découlent, le conflit qui naît du contraire, se trouve éliminé. En agissant ainsi pour mes autres défauts, je ne combat plus ce qui est en moi, alors ce qui est en moi s’éteint de lui-même et meurt, car il n’y a pas de conflit intérieur. Je n’ai pas à combattre, ni contre les autres, ni contre moi-même. Une action juste, non fondée
sur un mobile, non dirigée ou engagée, fait naître l’intelligence. Non pas celle de l’intellect, mais celle du coeur qui nous indique le mode de vie juste.

Comment ne pas être blessé si quelqu’un me dit une parole blessante ? Si quelqu’un me traite d’idiot, mon cerveau l’enregistre immédiatement et cela me blesse, car cette parole blesse l’image que j’ai de moi. Dès que quelqu’un piétine l’image que j’ai de moi, je suis blessé. Je construis alors un mur autour de moi afin de me protéger. L’idéal est d’éviter de se créer une image de soi, de sa religion, de son parti politique, etc. car en créant une image, on est toujours blessé par quelqu’un qui se crée une image contraire à la nôtre.

Si on pouvait observer notre propre confusion ainsi que notre vision étroite de la vie, on verrait comment nos pensées nous créent continuellement des problèmes. La pensée crée l’image et l’image divise. Voir cela demande de la réflexion. Notre vitalité et notre énergie se gaspillent dans des conflits de toutes sortes, non seulement avec les autres, mais également avec nous-mêmes.

Lorsque la tête veut tout contrôler, il y a forcément conflit. Lorsque le coeur s’éveille au monde qui l’entoure, il permet au monde d’exister malgré les différences. Le coeur ne cherche pas à contrôler, il aime tout simplement.