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La rareté de l’eau

jeudi 19 octobre 2006, par Jean-Claude St-Louis

Depuis la nuit des temps, l’eau est considérée comme source de vie. Dans les anciennes civilisations, elle était sacrée. Les Gaulois vouaient un culte aux sources d’eau et aux rivières. Le Gange en Inde de même que le Nil en Égypte étaient considérés comme le reflet du fleuve céleste, la Voie lactée.

Si dans nos sociétés occidentales l’eau semble inépuisable, il n’en va pas de même ailleurs. Les gens qui vivent dans le Tiers monde réalisent l’inconscience avec laquelle les occidentaux gaspillent l’eau potable. Ayant l’illusion que l’eau est une source intarissable et gratuite, ils la dilapident avec allégresse.

Mais cette dilapidation de l’eau va devoir prendre fin, même pour les pays riches qui vont éventuellement faire face à une pénurie. Même si l’eau recouvre 71% de la surface de la terre, nous allons manquer d’eau potable. Sur le mince 3% d’eau douce, il y en a les trois quarts qui sont emprisonnés dans les calottes glacières et les glaciers. Il ne reste donc qu’à peine 1% qui se présente sous une forme liquide, souvent difficilement accessible.

La demande en eau potable a doublé en vingt ans et ce pour les raisons suivantes : 1) l’accroissement de la population ; 2) l’intensité de l’agriculture pour nourrir de plus en plus de gens ; 3) la pollution de l’eau disponible. En l’an 2000, seuls deux fleuves dans le monde étaient considérés comme sains : Le Congo et l’Amazone. Actuellement, les lacs s’assèchent, les glaciers fondent, la terre se déshydrate et les humains s’attaquent aux dernières réserves d’eau douces, celles des nappes phréatiques. L’eau est ainsi pompée beaucoup plus rapidement que sa vitesse de renouvellement.

Il en résulte que le manque d’eau qui menaçait 950 millions de personnes en 1999 et un milliard en l’an 2000, touche actuellement 2,5 milliards d’êtres humains sur la terre. Au rythme où on épuise l’eau, il est à prévoir que les deux tiers de la population mondiale n’auront plus d’eau en 2050. Seulement qu’une trentaine de pays resteront autosuffisants, dont l’Australie, le Brésil, la Russie et les pays d’Europe du Nord et de l’Ouest.

On imagine sans peine la convoitise des déshérités de l’eau et les risques de nouveaux conflits. Devenue rare et mal répartie à la surface de la planète, l’eau potable deviendra donc un facteur déterminant pour la paix dans le monde. Tous les pays qui connaissent actuellement de graves conflits et des guerres sont des pays en manque d’eau douce. Ce n’est certainement pas le fruit du hasard.

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Source :

Delclos, Marie. Marie Delclos présente les grands défis du 3e millénaire. Paris : Trajectoire, c2000, 495 p. (cote Dewey : 303.49 D345m)