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Maman

lundi 8 octobre 2007, par Michaël Adam

Il faisait si beau ce jour-là à Yerres,
Je m’en rappellerai toujours comme si c’était hier.
Les gens qui t’aimaient marchaient derrière toi
Parmi les psaumes qui s’égrenaient entre les tombes et les toits.

Le ciel avait pour toi une couleur de saphir
Qui mettait du bleu et du vert sur l’air. Le zéphyr
Caressait d’une main souple cette nouvelle demeure
Où l’on a mis ton corps après que tu meures.

J’étais avec toi, bien que je regardais les noms
Gravés sur les marbres alentour, et je disais NON.
Et toi, tu étais là, présente et souriante, radieuse
Tellement présente que je n’ai pas senti cette mort hideuse
Qui, malgré nos attaches, va peut-être nous séparer
Et m’obliger à vivre ce à quoi je n’étais pas préparé.

Tends encore et souvent cette main palpitante
Que je veux recevoir comme une bénédiction tremblante
Touche-moi encore et toujours de ton sourire généreux
Qui savait faire de moi un garçon heureux.

Fais-moi encore, petite mère, ces remontrances
Qui transformaient l’homme apeuré en enfant plein d’assurance
Dis-moi encore et toujours, petite maman blanche,
Que toi et moi resterons unis, malgré ces funestes planches.