Accueil > Littérature > Poèmes > Définir la poésie ?

Définir la poésie ?

lundi 14 janvier 2008, par Michaël Adam

Pour le philosophe Parménide, la poésie, « créer » en grec, est l’art « qui fait passer du non-être à l’être » puisque le poète donne existence aux « choses » dans notre conscience en les recréant grâce à des figures de rhétorique.

C’est ainsi que, dans la Bible, c’est par des paroles que le monde fut créé, Dieu étant le premier poète, suivi de près par Adam, à qui fut confié la charge de nommer toutes les espèces vivantes de la Création. Le premier poème de la Bible (chanté par une femme) relate la première victoire d’Israël sur ses voisins devenue un mythe : "Le chant de la mer" est une louange à l’Éternel qui engloutit les chars et les chevaux de Pharaon dans les abîmes de la Mer Rouge.

Un tiers environ des Écritures Saintes se présente sous forme de poésie, parmi lesquelles Le livre de Job, Les Psaumes du roi David, Les Proverbes du roi Salomon, les lamentations des grands prophètes et, bien entendu, le plus bel hymne à l’amour, Le Cantique des Cantiques, qui constitue la référence éternelle et universelle des poètes de l’érotisme et de la beauté.

À mon sens, la poésie crée et fabrique tout ce qui n’existe pas toujours dans notre quotidien gris ou misérable : l’amour, la paix, l’émotion, la beauté, la tendresse, l’affection, le rêve, l’espoir, autant d’ingrédients nécessaires à la survie, desquels la vie en société nous prive. La poésie dénonce aussi les laideurs de la société, ses injustices, ses petits et ses grands crimes. Pour créer, le poète a besoin d’être trop bien, ou trop mal, dans sa peau. La poésie est le trop-plein de l’émotion. Les poètes sont considérés un peu comme des sorciers : ce sont des possédés, des incompris, des maudits, des émotifs, des passionnés, des rêveurs, des troubadours, des hypersensibles, et tout cela est un peu vrai...!

La poésie est en fait un état psychique et émotif et, partant, elle est aussi le langage avec lequel je crée tout ce dont la société me prive, avec lequel je réprouve toutes ses laideurs, toutes ses injustices, toutes ses horreurs.