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Le néon et le néant

vendredi 30 mai 2008, par Michaël Adam

Ceux pour qui la seule chaleur est une bassinoire
Ceux pour qui le manoir est devenu un mouroir
Avec des murs sales et jaunes, comme un urinoir,
Et des couloirs gris, comme unique promenoir.

Ceux pour qui la vie, vue à l’envers, a été un revers,
Et qui rient jaune parce qu’ils ne passeront pas l’hiver
A cause du mal qui suinte et qui fait leur calvaire
Ceux à qui la mort aujourd’hui a donné son feu vert.

Ceux qui regardent en tremblant, le visage livide,
Le drap blanc récemment posé sur un lit vide
En sachant que pour eux aussi la vie se dévide,
Qu’ils s’appellent Sacha, Mohamed ou David.

Ceux qui, de leurs yeux aujourd’hui globuleux,
N’ont vu de la vie en rose rien que du bleu
Posent maintenant un regard triste et bilieux
Sur un univers rétréci, blême et nébuleux.

Ceux pour qui le jour et la nuit se confondent
Dans la lueur des néons qui éclairent les sondes,
Pour eux, la fosse se fait de plus en plus profonde
Face aux témoins affligés qui près d’eux se morfondent.