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Vieillesse

lundi 6 octobre 2008, par Daniel Ducharme

Selon le Robert (2006), la vieillesse correspond à la « dernière période de la vie qui succède à la maturité ». Elle est « caractérisée par un affaiblissement global des fonctions physiologiques et des facultés mentales, et par des modifications atrophiques des tissus et des organes ». Pas très réjouissant, n’est-ce pas ? Surtout que personne n’y échappe, à la vieillesse, les riches comme les pauvres, les Américains comme les Africains. Certains ont la chance de la prolonger, souvent au-delà de sa limite naturelle. Reste à savoir s’il s’agit vraiment d’une chance...

Récemment, dans le Magazine littéraire (janvier 2008), le sociologue Pierre-Henri Tavoillot faisait un compte rendu de La vieillesse, un ouvrage de Simone de Beauvoir paru en 1970 chez Gallimard. Ce qui est réjouissant, dans cet essai, c’est que la vieillesse n’est pas niée pour elle-même comme on s’évertue à le faire aujourd’hui, notamment en la désignant par des termes puérils comme l’âge d’or, le bel âge et je ne sais quoi encore. Beauvoir rappelle que, si les vieux se disent toujours jeunes, c’est justement parce qu’ils nient la vieillesse, que celle-ci leur répugne autant qu’à la société tout entière qui la masque sous un voile teintée d’infantilisme dégradant. Elle rappelle aussi que : « Partout et en tout temps, être vieux signifie être laid, usé, dépendant, pauvre et malade ». Qu’on se le tienne pour dit.

Le problème de la vieillesse n’est pas la mort qui peut survenir à tout moment. Non, la mort n’est rien. Le problème, c’est l’ennui qui résulte de la raréfaction des projets. Ainsi, le vieux qui cesse de faire des projets sous prétexte que la mort est proche se condamne lui-même à mourir. Il prend volontairement sa retraite du monde, se laissant nourrir par le tout-venant en attendant qu’on le délivre d’une vie qui n’a plus de sens en elle-même. Comme le suggère Simone de Beauvoir, la seule façon de vivre sa vieillesse est simplement de continuer à faire ce qu’on a toujours fait : « poursuivre des fins qui donnent un sens à notre existence ». Bref, il ne faut jamais cesser de faire des projets, tant pour soi que pour la collectivité.