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La merveilleuse vie !

lundi 9 mars 2009, par Jean-Claude St-Louis

La terre est mon aïeule, elle est sacrée. Je dois l’honorer, la remercier pour la nourriture et tous les bienfaits qu’elle m’apporte.

À chaque matin, je contemple le soleil qui se lève et la nature qui s’éveille. Ils m’enseignent que tout meurt mais que tout renaît. Ils sont l’image de l’éternel recommencement.

Les jours s’en vont, comme les feuilles chassées par le vent et les jours reviennent avec le ciel pur. De nouveau, la vie s’éveille et tout recommence. La création recommence avec moi.
 
La nature me fortifie, m’instruit, me guérit de mes blessures et me procure la joie de vivre. Je suis rempli de compassion et d’amour pour la nature.

Aujourd’hui, les vastes solitudes ont fait place aux villes, les forêts sont détruites, les rivières sont empoisonnées, mais le soleil se lève toujours. J’apprends à contempler ce qui ne change pas autour de moi afin de conserver la sagesse.

J’aime le murmure du vent qui s’élance à la surface de l’étang et son odeur parfumé par les arômes des bois. L’air est précieux, car je le partage avec tout ce qui vit. Que ce soit l’homme, l’animal ou l’arbre, nous partageons tous le même souffle de vie.

Les saisons de la terre sont aussi les saisons de mon âme. Je m’éveille au printemps, j’affirme ma passion de vivre en été, je deviens méditatif en automne et je contemple la vie qui dort en hiver. C’est ainsi que la roue tourne, emportant les vivants et les morts, les nuits et les jours, dans la danse de l’éternel recommencement.

Regarde mon frère, le printemps est de retour ! Chaque graine s’éveille et l’animal revit. C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons, toi et moi, notre existence et que nous devons accorder à nos amis, les animaux, autant de droits qu’à nous, d’habiter cette terre.

La nature se renouvelle sans cesse et les jours reviennent sous des formes diverses. Quand donc aurais-je la sagesse de saisir l’éternité dans chaque instant, comme un diamant pur, inaltérable, au cœur du monde ?

Tout comme la nature, j’appartiens au même cycle des transformations et des recommencements. Comme les animaux, les végétaux et les minéraux, je suis du même monde, du même souffle, du même corps vivant, infini, éternel.

Je goûte la beauté des choses : le vol de l’oiseau, le bruissement du vent, le chant de la source, la pénombre du sous-bois. Je suis comme l’enfant qui s’étonne de tout et je fais l’expérience du monde à travers mon propre corps.

J’observe les heures qui passent, la vie emportée par les naissances et les morts, mais je n’attache pas d’importance à la chronologie des choses. Je fais de chaque instant une expérience enrichissante, sans m’inquiéter du temps qui fuit et des matins qui ne reviennent plus. Le présent est la seule chose qui n’ait pas de fin.

Si je ne respecte pas l’oiseau, la forêt, l’eau des rivières ; si je blesse la terre, empoisonne l’air que je respire, je méprise la merveilleuse vie. Je ne peux plus voir la beauté simple des choses qui accompagne chaque geste de la vie.

Je ne dois pas craindre les oppositions qui donnent l’illusion que tout est séparé. La nuit n’est pas l’ennemie du jour pas plus que la mort n’est l’ennemie de la vie. Il faut la rencontre du feu et de l’eau, du soleil et de l’humidité pour créer l’arc-en-ciel.

J’interroge le grand silence de la forêt, pleine de vies mystérieuses. « Quel est ce silence ? » Il me répond : « C’est le Grand Mystère ! » Le silence sacré est sa voix, depuis le commencement du monde. Ce silence apporte la maîtrise de soi, le courage, la persévérance, la patience, la dignité et le respect. Je dois apprendre à interroger ce silence. Il est la terre intérieure, l’espace sacré où s’enracine mon esprit.

J’observe la nature car elle m’aide à vaincre la peur de la mort. La nature ne connaît pas l’immobilité, l’arrêt de la vie. En été, elle exprime la jeunesse, la joie de vivre. En hiver, elle vit, repliée sur elle-même ; elle renouvelle ses forces et prépare le retour du printemps. Comme l’hiver, la mort constitue pour nous, un sommeil réparateur.

Je me demande souvent : « Qu’est-ce que la vie ? » La vie, n’est-ce pas l’éclat d’une luciole dans la nuit, le cri de l’oisillon dans le nid, le souffle du vent, la petite ombre qui court dans l’herbe et qui se perd au coucher du soleil ? La merveilleuse vie, n’est-ce pas tout ça et bien plus encore ?