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Se connaître soi-même

lundi 14 juin 2010, par Jean-Claude St-Louis

"Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux !" On trouve cette inscription sur le temple d’Apollon, à Delphes, une ville de l’ancienne Grèce. Elle date du VIe siècle avant Jésus-Christ. Plusieurs ont donné des interprétations différentes sur cette inscription, mais personnellement, je crois qu’elle signifie : Connais-toi toi-même comme une entité mortelle par ton corps physique, mais n’oublie pas de te connaître aussi comme une entité immortelle par ton âme éternelle. Cette connaissance de soi permet de reconnaître son immortalité, son Dieu intérieur et elle ouvre la porte à la connaissance universelle.

Pour les philosophes grecs Platon, Socrate, Aristote, Empédocle, Épicure, la connaissance de soi permettait une prise de conscience de la nature humaine et de la nature divine de l’Homme. Cette connaissance ne pouvait s’effectuer qu’en faisant une descente à l’intérieur de soi afin de découvrir son Dieu intérieur. Pour y parvenir, il fallait cependant se voir avec un regard nouveau, sans œillères et sans idées préconçues, afin de parvenir à l’éveil de la conscience.

"Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas" (A. Malraux)

La science va entrer dans une phase nouvelle où elle devra intégrer la connaissance, la conscience pure, la compassion, le côté féminin de l’être. Elle devra se mettre au service de la sagesse et non pas au service de la technologie destructive. Elle devra voir les choses comme un réseau ténu où aucun être humain ne peut dominer qui que ce soit. Alors, il n’y aura plus de distinction entre la science et la spiritualité. Ce sera l’interrelation dans tout, au lieu de la division dans tout.

Les religions vont continuer d’exister, car il y aura toujours des êtres qui ne voudront pas quitter l’enfance pour devenir adultes. Et il y aura toujours des êtres qui voudront dominer les autres. Mais la voie spirituelle aura préséance sur la voie religieuse, car la voie spirituelle c’est l’union avec tout. S’engager dans la spiritualité, c’est rechercher l’unité entre nous et les autres, entre nous et la nature, entre nous et le cosmos. C’est atteindre l’Amour universel, sans condition et sans aucune idée de possession, si ce n’est celle d’une grande sagesse.

Les religions ont trompé les hommes. Elles ont enseigné l’amour du prochain, mais aucune ne l’a mis en application. Elles ont plutôt exercé la haine et préconisé l’extermination des peuples, afin d’imposer leurs dogmes. Les trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam, ont utilisé la force brute et le meurtre dans le but de s’imposer et de conquérir les peuples. Malheureusement, les religions ne vont pas disparaître car certains aiment croire qu’ils sont séparés des autres ; qu’ils sont des élus.

L’acceptation des autres

Lorsqu’on est capable d’accepter les autres tels qu’ils sont, sans attendre quoi que ce soit, on ne les étouffe pas avec nos exigences, nos préjugés ; on les respecte à tous les niveaux. On accepte également l’ordre qui doit exister dans tout. On accepte que les gens ne soient pas subordonnés à nos désirs. Ils ont leur rôle à jouer sur la scène de la vie, ainsi que leur destin. On n’a pas à imposer notre volonté sur les gens. On les accepte tels qu’ils sont. Accepter les autres, c’est accepter qu’ils soient différents de nous.

L’amour universel

L’amour universel n’est pas un marchandage, un contrat que l’on signe à la condition que les autres agissent selon nos désirs ou répondent à nos attentes. L’amour universel est avant tout, un don de soi. On ne ramène pas les autres à soi, on se donne aux autres. On cesse de quémander ; on choisit plutôt de donner. Aimer en voulant changer, posséder, séduire, dominer, c’est considérer les autres selon l’image que l’on se fait d’eux. On ne les voit pas comme ils sont, mais comme on voudrait qu’ils soient. Le mot aimer est trop souvent utilisé comme une image de ce que l’on rêve, de ce que l’on désire.

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Références :

Bouchard, Sylvie A. Quand on fait semblant d’être soi : jamais à la hauteur : transformer son regard autocritique en regard aimant. Montréal : Béliveau, 2010, 199 p. (ISBN : 9782890924468)

Corneau, Guy. Le meilleur de soi. Montréal : Éditions de l’Homme, 2007, 329 p. (ISBN : 9782761922036)

Lamarre, Dolorès. Le temps de lâcher prise : s’ouvrir à la connaissance de soi. Montréal : Quebecor, 2009, 149 p. (ISBN : 9782764013786)

Salomé, Jacques. À qui ferais-je de la peine si j’étais moi-même ? Comment renoncer à nos autosaboteurs. Montréal : Éditions de l’Homme, 2008, 216 p (ISBN : 9782761925075)

Suarez, Éric. La philo-thérapie. Paris : Eyrolles, 2007, 229 p. (ISBN : 9782212538397)